Le nouvel ordre écologique,-

 l’arbre, l’animal et l’homme 

par Luc Ferry

Au fil de nos lectures

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Bref Contenu

L’auteur de ce livre est devenu depuis 1992, ministre de l’éducation nationale. Mais c’est en philosophe, sa profession initiale, que Luc Ferry a écrit ce livre. Il part d’une histoire de la pensée philosophique vis-à-vis de l’écologie pour ensuite détailler et décortiquer la pensée des courants fondamentalistes modernes de la « deep ecology ». L’auteur analyse aussi leur traductions dans les différents mouvements politiques à commencer par le Nazisme, mais sans s’enfermer dans une polémique sur Vert=Nazi.  Les questions abordées sont des plus fondamentales, « Qu’est-ce qui fonde le respect pour l’animal ou pour la terre ?», « l’animal a-t-il des droits ? Qui pourrait représenter ces droits en justice, selon quels principes ? Y a-t-il un crime contre l’écosphère», « La terre elle-même n’en aurait-elle pas ? », « Tous les animaux (dont l’homme) sont il égaux ? ».  Le livre est court et bien écrit, l’exposé des différentes positions très instructifs, l’argumentation soignée.

 

Mes commentaires

Clairement l’auteur est un « humaniste » des Lumières qui le revendique. Il repousse donc la plupart des positions extrêmes prises par certains écologistes et comment ne pas le suivre (exemple : certains Ecolo-Féministes tiennent que c’est l’homme-mâle qui « agresse » la mère-nature ). Sa position est, en simplifiant, de mettre l’homme au centre, pour ensuite analyser la similitude de l’Homme à la nature et fonder le droit des choses et de l’animal sur cette similitude. De transcendance il en est question, mais à la mode « humaniste », càd que la « liberté absolue » de l’homme fonde en définitive ses droits et devoirs, et modèle les droits des choses et des animaux. La position chrétienne est différente mais pas vraiment abordée. Ce livre stimule des réflexions fondamentales, « qu’est ce que la morale ? Qu’est ce qui fonde la morale ? Le droit ? Quel rapport entre l’homme et l’animal ? Quel rapport entre la nature et l’homme ? Les objets et les animaux sont ils des objets moraux ?». Ce livre se veut une réponse aux critiques lancés par les pensées écologiques à la Modernité. Il s’agit finalement de colmater une « fissure », laquelle reste béante, cf p. 238 « Sans être attirés à l’excès, laïcité oblige, par des motifs religieux, nous pressentons que l’homme n’est pas sur terre pour procéder à l’achat de voitures et de téléviseurs toujours plus performants. Et quand même nous ignorons tout de sa destination, celle-là, à coup sûr, n’est pas le terme »  Un livre serait à écrire : réponse chrétienne au « nouvel ordre écologique ».

 

Par R.Balmès

 

Grasset – 1992– Publié à - ISBN2-246-46811-6

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