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L'entreprise productrice de lien social ? |
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Au fil de nos lectures
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Produire du lien social ! Voilà une expression qu’on retrouve dans de nombreuses lectures. Les institutions traditionnelles, Église, Famille étant en déperdition on constate en général pour s’en plaindre une perte du lien social à différents niveaux jusque et y compris au niveau politique. Et l’on parle de cohésions sociales, parfois syndicales et l’on regrette les collectifs d’autrefois. Même dans l’entreprise on constate une baisse des actions collectives dans les œuvres sociales des comités d’entreprises par exemple. Mais qu’est-ce que le lien social ?Cette expression est issue des études sociologiques. Durkheim, notamment, tente de définir « une société où l'individu serait libéré de la coutume et des contraintes traditionnelles, tout en maintenant les contacts avec ses semblables grâce à la division du travail, forme essentielle du lien social » [1] . Pour Wikipedia , Lien social : c'est « l'ensemble des appartenances, des affiliations, des relations qui unissent les individus ou les groupes sociaux entre eux et qui les amènent à se sentir membres d'un même groupe, fût-ce par « métissage ». ». Dans le fond c’est la réification de la réalité que sont les relations entre les hommes. Cette réification est nécessaire pour pouvoir en faire l’objet d’études sociologiques plus ou moins quantitatives. Le lien social étant maintenant devenu une chose, on peut chercher « produire » du lien social. France Télécom déclare produire du lien social quand l'entreprise réduit la « fracture numérique ». Les syndicats cherchent comment « produire » plus de lien social alors que l’individualisme de nos contemporains leur fait préférer les coordinations ou les actions individuelles. Les politiques cherchent par quels moyens recréer de la « cohésion sociale », au point que certains se posent la question « une société sans religion peut-elle exister ? ». La religion –au besoin sans Dieu- pourrait alors être ce ciment qui unirait les hommes pour former une société. Lien social & individualismeC’est devenu un lieu commun de pointer du doigt l’individualisme grandissant dans les sociétés contemporaines, non sans un certain paradoxe puisque les mêmes qui s’en plaignent on tout fait pour abattre les lieux premiers de relations humaines riches: la famille et l’Église. L’individualisme source de tous les maux ! C’est oublier un peu vite toute la liberté réclamé à grand cri par tout un chacun: pouvoir avoir un enfant quand je veux avec qui je veux, pouvoir rompre le mariage quand les choses tournent au vinaigre, pouvoir mener la vie qu’on veut sans pression sociale sur mes comportements même marginaux. Cependant « produire du lien social » est l’antidote que certains recherchent à cet individualisme grandissant. Pour certains l’entreprise deviendrait le dernier lieu possible de « production » de lien social. Autrefois on disait l’entreprise lieux du conflits ! Curieux retournement de tendance. Mais il faut reconnaître que le chômage conduit les gens à l'isolement social, c'est donc que le travail apporte bien une existence sociale. Lien social et unitéDerrière tous ces questionnements, il y a en fait une question centrale: qu’est-ce qui fait l’unité entre des hommes ? Qu’est-ce qui unit une famille ? Qu’est-ce qui unit une entreprise, un syndicat, une société ? Et corrélativement pourquoi cette unité ce délite-t-elle à notre époque ? Ce qui unit c’est la poursuite en commun d’un bien. Dans la pensée sociale de l’Église, ce bien on le nomme « bien commun » : c'est-à-dire le bien de tous et de chacun. Bien commun de la famille, des corps intermédiaires, de l’entreprise, de la société, de l’humanité. L’unité provient du choix des personnes de poursuivre le bien commun. C’est lorsqu’on a une finalité commune que l’on s’unit pour atteindre ce but. C’est par la recherche en commun d’un service au client que les hommes dans l’entreprise espèrent créer de la richesse pour eux-mêmes et leurs actionnaires. Néanmoins on constate que souvent la création de richesse est poursuivie pour elle-même. Ainsi la politique se réduit souvent aux questions économiques, on compare les pays sur leur PNB de nos jours, moins la taille de leur territoire ou de leur armée. Même les syndicats poursuivent le but d’une meilleure répartition des richesses entre les propriétaires et les salariés. Et d’ailleurs le succès est plutôt au rendez-vous. En effet en dépit des écarts inouïs de richesses entre les hommes, un nombre grandissant de personnes accède à un niveau de vie jamais égaler dans l’histoire. Combien de téléphone mobile dans le monde ? Qui aurais cru une telle chose possible il y a 50 ans ? En permanence 200000 personnes survol la terre dans un avion. En permanence 100000 personnes jouent sur Internet. On peut multiplier les exemples. Le fait est que les hommes ont créé une richesse extraordinaire, même si elle est très injustement répartie créant ainsi des tensions et des crises graves. Il est intéressant de constater que dans les sociétés plus pauvres le lien social est plus développé. La richesse serait-elle alors un facteur de délitement du lien social ? En effet peu de personne pose la question : créer de la richesse, certes, mais pour quoi ? Est-ce que le bien commun de l’entreprise est exprimé par le seul bénéfice, la fameuse « bottom line », même équitablement réparti ? Est-ce que le but d'une nation c'est de s'enrichir toujours plus et suivre l'ancien adage "Panem et Circenses" ? Des entreprises d'un nouveau typeDes entreprises différentes essaient d’aller plus loin, de mieux mettre en place le bien commun qu’elle définissent comme la « communion ». Ce sont les entreprises de l’Économie de Communion . Le nom annonce que dans ces entreprises il existent un bien commun extrêmement important c’est la communion entre les personnes: un idéal de relations justes, vraies entre les parties prenantes de l’entreprises. En effet pour ces entrepreneurs chrétiens, la perfection –jamais atteinte vraiment- des relations humaines c’est la communion entre les personnes. Voilà ce que devrait être le lien social, non pas une chose à produire, mais une communion des personnes unis autour de la poursuite du bien commun par leur travail. On le sait que l’Homme est un être de relation aussi dans son travail. Cependant il faudrait se garder d’idéaliser l’entreprise, d’en faire le dernier lieu de socialisation, en effet l’Homme à besoin de relations qu’on ne trouve pas dans l’entreprise : relations familiales, relations citoyennes et aussi relation à Dieu car « l’homme ne se nourrit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ». R. Balmès
Venez réagir sur notre Groupe Google Le 15 Décembre 2005 [1] Pour un résumé intéressant de la pensée de Durkheim lire Division du travail et lien social |
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