|
L'autorité : peut-on tout accepter ? 2/5B. de Lachapelle, |
||||
Au fil de nos lectures
|
3 - le bien communLe bien commun, c’est “l’ensemble des conditions sociales” (au sens large : économiques, culturelles...) “qui permettent tant aux groupes qu’à chacun de leurs membres d’atteindre leur perfection d’une façon plus totale et plus aisée” (Vatican II, constitution pastorale “gaudium et spes”, ch. 2; catéchisme de l’Eglise Catholique, 3e partie 1e section ch. 2 art. 2). “tant aux groupes qu’à chacun de leurs membres” : comme nous l’avons vu, et parce que nous sommes à l’image de Dieu des êtres de relation, les conditions du bonheur de notre prochain et les conditions de notre bonheur sont intimement liées. Elles doivent permettre, dans chacune de nos communautés et de nos sociétés, la relation. De manière ultime, la nature de l’homme créé à l’image de Dieu aspire à la relation par excellence qu’est le don de soi et, c’est indissociable, l’accueil du don de l’autre. Ce don de soi, c’est l’amour, que le Christ a vécu et nous a enseigné de la manière la plus totale. Il nous a également enseigné l’accueil du don de l’Autre, et d’abord l’accueil du don du Dieu Père (Donne nous aujourd’hui notre pain de ce jour...). Ainsi donc, l’autorité qui conduit le groupe social doit, en vue du bien commun, permettre aux membres du groupe social de donner et recevoir. On peut même penser que l'autorité peut légitimement contraindre tel ou tel membre du groupe à donner et/ou recevoir en vue du bien du groupe et de ses membres, y compris le bien de celui sur qui s'exercerait cette contrainte: par exemple à titre d’apprentissage (aspect "éducatif"), ou en vue de la justice (aspect "distributif"). A un certain stade en effet, le refus de donner et recevoir revient à s'exclure du groupe social, de même que le refus de l'autorité. 3.1 les conditions de l’édification du bien communQuelles sont donc ces conditions qu’une société doit remplir pour favoriser le bonheur véritable, le don de soi, l’accueil du don de l’autre ? C’est à dire les conditions de réalisation du plan de Dieu sur l’Homme, conditions auxquelles l’autorité doit veiller et qui sont sa raison d’être (ce qui suit s’appuie sur le catéchisme de l’Église Catholique, 3e partie 1e section ch. 2 art. 2) : - en premier lieu le respect des personnes; notamment le respect de la vie des personnes, de la naissance jusqu’à la mort. Comment recevoir le don du plus faible et comment se donner à lui sans respecter sa vie ? - en second lieu le bien être social, c’est à dire “rendre accessible à chacun ce dont il a besoin pour mener une vie vraiment humaine : nourriture, vêtement, santé, travail, éducation, culture, information, droit de fonder une famille...”. Bien sûr, l’économie et la justice humaines se distinguent de l’économie et de la justice divines par la finitude, il faudra donc que l’autorité arbitre au nom du bien commun (et en vue de parfaire celui-ci) entre des intérêts particuliers qui peuvent être divergents ou incompatibles. L’arbitrage de ressources limitées tiendra compte de la culture et comportera donc nécessairement une part de subjectivité, mais en vue de se rapprocher d’un Bien qui, lui, est objectif et universel : permettre aux personnes d’atteindre la perfection à laquelle les appelle leur nature de créatures à l’image de Dieu, tendre à la ressemblance de Dieu. - enfin la Paix, avec un “P” majuscule. C’est à dire non pas seulement l’absence de guerre, mais la sécurité durable d’un ordre juste. Il n’y a pas de paix véritable sans justice. Certes, la justice des hommes ne saurait être parfaite parce que l’économie humaine est limitée, mais il s’agit ici aussi de tendre vers le Bien, en composant avec la finitude de nos ressources en fonction de la culture et de l’histoire de nos sociétés. 3.2 Le discernement du bien communUn critère peut nous aider à discerner ce qui va dans le sens du bien commun : “l’ordre des choses doit être subordonné à l’ordre des personnes et non l’inverse” (Gaudium et Spes, ch. 26). Le bien commun correspond au mode de fonctionnement d’une société le plus à même de favoriser le bonheur véritable de la personne humaine, c’est un ordre social qui répond au plan de Dieu sur l’humanité en général et sur chaque personne en particulier. Le discernement sur le bien commun n’est pas cependant l’apanage du chrétien ni du croyant. Il est accessible par les voies de la sagesse humaine. “Devant la faim des hommes la responsabilité ne se mesure qu’objectivement. Elle est irrécusable. Le visage (de l’autre) ouvre le discours (...) que le rationalisme appelle de ses voeux (...) et fonde ainsi la vraie universalité de la raison” (Emmanuel Levinas, Totalité et Infini, note de bas de page). Il est donc possible de rechercher et mettre en oeuvre le bien commun dans une société laïque, dès lors que l’on partage cette recherche avec “les hommes de bonne volonté”.
|
Plan
Voir aussi
|
|||
|
© Copyright 2000-2005 - Présence et Témoignage - Tous droits réservés -18 août 2005 |
|||||