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L'autorité : peut-on tout accepter ? 4/5B. de Lachapelle, |
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Au fil de nos lectures
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6 - Légitimité de l’autorité et soumission aux autorités : peut-on tout accepter ?Le catéchisme nous enseigne, nous l’avons vu, que “A la vie en société manqueraient l’ordre et la fécondité sans la présence d’hommes légitimement investis de l’autorité qui assurent la sauvegarde des institutions et pourvoient, dans une mesure suffisante, au bien commun” . On parle ici de l’autorité de droit. 6.1 - La légitimité du principe d’autorité de droit émane de Dieu et la légitimité de l’investiture émane des hommes=> “légitimement investis” : de quelle légitimité s’agit-il ? Certes, on pense spontanément d’abord à la légitimité en droit, par exemple la légitimité issue du suffrage universel tel que prévu par la constitution. Mais il existe autant de systèmes humains pour conférer l’autorité qu’il y a de sociétés. => au bout du compte, qu’est-ce qui légitime l’autorité, et donc la confère au plan moral ? Nous avons vu tout à l’heure que “l’autorité exigée par l’ordre moral émane de Dieu”, et il s’agit bien ici de l’autorité de droit. => On peut donc conclure que l’autorité de droit ne tire pas d’elle même sa légitimité morale, mais de Dieu. Il s’agit bien là du principe d’autorité de droit, non de l’investiture des autorités... mais une fois que les autorités sont investies, elles exercent une autorité qui émane de Dieu. Ce n’est pas rien! Quant au choix des personnes qui exercent l’autorité, l’Eglise nous précise : “la détermination des régimes politiques, ainsi que la détermination de leurs dirigeants, doivent être laissés à la libre volonté des citoyens” (Vatican II, constitution pastorale Gaudium et Spes) => On peut donc conclure que l’autorité de droit ne tire pas d’elle même sa légitimité politique, mais des hommes. Tout ce qui précède vaut non seulement dans la société de l’Etat politique et social, mais aussi dans l’ensemble des structures sociales qui ne résultent pas directement de l’ordre naturel. Pour ce qui concerne la famille, l’investiture de l’autorité parentale émane directement de l’ordre de la nature, la société humaine ne fait que s’y conformer en reprenant ces principes d’autorité dans ses lois (le code civil par exemple). Lorsque la société humaine bafoue l’autorité parentale, elle s’oppose à une loi naturelle qui émane de Dieu, il est dès lors moralement légitime de défendre l’autorité parentale contre la société. Ceci est assez universellement reconnu, parce qu’il s’agit d’une loi naturelle, donc toute loi qui s’y opposerait serait injuste. 6.2 Peut-on tout accepter de la part des autorités légitimement investies ?L’exemple qui précède, quant à l’éventualité de lois qui s’opposeraient à une loi naturelle voulue par Dieu, montre à l’évidence que l’on ne peut pas tout accepter d’une autorité légitimement investie, bien que le principe d’autorité qui lui est confié émane de Dieu, et même si son mode d’investiture a été parfaitement légitime au plan politique. Jésus lui-même nous a montré l’exemple en la matière : => lire Matthieu 15, 1 à 9. Ce passage démontre que Jésus s’est opposé, par son autorité personnelle, à l’autorité des scribes à qui il dit “(vous avez) annulé la parole de Dieu au nom de votre tradition”. Jésus nous montre que la seconde sorte d’autorité peut dénoncer et révoquer l’autorité conférée par le droit, lorsque celle-ci va à l’encontre des principes dont elle tire sa légitimité. => lire Marc 11, 27-33. Jésus nous montre ici l’immensité de son autorité face aux autorités, à qui il refuse de rendre compte parce qu’elles n’exercent pas leur autorité dans la vérité, elles agissent de manière injuste. Ainsi, il est légitime de s’opposer aux autorités et à leurs lois, dès lors qu’elles ne sont plus ordonnées au Bien commun qui est le principe légitimant l’autorité qui leur est confiée. Cependant, il est nécessaire d’exercer un discernement, à la lumière de notre autorité personnelle qui est un don de Dieu, pour : 1 - choisir les bons moyens d’opposition : ils ne doivent pas générer de plus grands maux que ceux qu’ils combattent, “la fin ne justifie pas les moyens” dit l’adage bien connu. 2 - exercer une opposition justement proportionnée : la justice des hommes n’étant pas parfaite, le risque existe de provoquer, pour la défense d’un bien d’ordre secondaire, la perte d’un bien plus fondamental. Par exemple, la recherche et la proclamation de la vérité, si elles se transforment en intégrisme et en perte de confiance envers toute autorité investie sous prétexte qu’elle n’est pas parfaitement vraie (ce qui sera toujours le cas), peuvent aboutir à la perte du bien commun au nom du bien commun, ce qui constitue sans doute le pire des maux, à savoir le mensonge et le contre témoignage. Ceci vaut pour toute forme d’autorité de droit, y compris celle du droit naturel, même si le vocabulaire utilisé dans ce propos évoque surtout l’autorité politique.
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