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Décroissance & Doctrine sociale de l'Eglisepar R. Balmès |
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Au fil de nos lectures
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Dans un grand concert unanime le développement durable est considéré comme « la » solution à de nombreux problème de notre terre. Nous-mêmes avons organisé un Forum de la Vie Active sur ce thème. Cependant certaines voix discordantes remettent en cause cette idée et vont jusqu’à prôner la « décroissance ». Dans cette analyse nous avons voulu voir à partir de l’enseignement social de l’Eglise ce qu’on pouvait penser de telles théories. Pour les lecteurs probablement peu familier avec ces théories, la lecture de quelques sites WEB s’imposent. Ci-dessous une courte sélection avec quelques extraits marquants (pour les lecteurs pressés et productivistes J) : La Décroissance – Le journal de la joie de vivre Le projet de la décroissance est la seule alternative possible au développement de la misère et à la destruction de la planète. La décroissance est un mouvement d'idées et un ensemble de pratiques qui n'appartiennent à personne. La Décroissance entend être au service de cette cause, mais ne prétend pas en être le dépositaire exclusif. Il se veut au contraire un vecteur de débats et de mobilisations pour convaincre les partisans du «développement durable» de leur impasse. Le journal s'adressera par son contenu au plus grand nombre, fort du principe que les choix politiques sont l'affaire de tous. Nous défendrons quelques grands principes qui constituent notre identité et la raison de notre combat. Nous sommes foncièrement humanistes, démocrates et fidèles à des valeurs comme la liberté, l'égalité et la fraternité. Nous ne croyons pas qu'il faille choisir entre la question écologique et la question sociale, qui sont pour nous intimement liées. La décroissance vise à rendre aux générations futures une planète sur laquelle non seulement il sera encore possible de vivre mais où il fera bon vivre. La décroissance ne propose pas de vivre «moins» mais «mieux», avec «moins de biens et plus de liens». La décroissance repose sur une autre conception de la société que toutes celles que proposent les autres partis politiques. Elle se fonde sur un autre rapport à l'espace et au temps mais qui n'est qu'une façon de renouer avec une longue histoire de combat contre dominations et aliénations. Nous sommes convaincus que l'émancipation sera l'oeuvre des humains eux-mêmes et au premier chef des plus faibles. Nous croyons en la possibilité de poursuivre l'aventure pour une société plus humaine, loin de toute idéalisation du passé ou des traditions ou d'un ailleurs. Nous n'avons pas de modèle car nous croyons à la nécessité d'inventer ensemble une société viable et juste. Le journal soutiendra toute initiative de simplicité volontaire mais travaillera aussi à l'articulation de ces initiatives individuelles ou communautaires à la construction d'un projet politique capable de faire rêver. Le journal sera une tribune des débats qui divisent et diviseront toujours ce mouvement. Le journal n'accueillera pas, en revanche, les idéologies qui font de l'humanité elle-même la source des problèmes. Nous combattons tout système productiviste et société de consommation mais nous ne voyons pas dans l'humanité notre adversaire. Nous pensons qu'il est possible et nécessaire de réconcilier le «principe responsabilité» et le «principe espérance». On trouve également le site Decroissance.info et notamment cette page particulièrement intéressante : La décroissance : une solution pour notre temps. La décroissance naît de la convergence de deux courants. La première est la critique du développement, emmenée par Serge Latouche : le développement est une idée occidentale, basée sur « l’économisme » et la monétisation de toutes les relations sociales. L’économie est une mégamachine qui a été « désenchâssée » de la société et cette manière d’améliorer le monde commun n’est pas universelle. En réalité il y a diverses manières d’améliorer les mondes communs et pas de solution donnée a priori. … La seconde est la critique écologiste emmenée par Ivan Illich : tous les économistes pensent que la technique « avance » et « progresse ». Certes, elle peut être pervertie par le capitalisme mais nous devons reconnaître qu’un progrès existe : nous allons plus vite, nous communiquons mieux, nous sommes en meilleure santé etc. Illich montre au contraire que nous allons moins vite, nous communiquons moins bien etc. et cela devient manifeste quand on envisage le développement de manière globale, au niveau planétaire et dans le long terme. Pour les tenants de la décroissance le développement même durable reste un développement synonyme de plus de consommation de ressources terrestres, et donc de dilapidations. Partant du constat ‘écologique’ de sur-consommation des ressources terrestres les tenants de la décroissances remontent à la cause dans la société et les hommes qui la composent : le désir de consommation toujours plus élevé. Le développement « durable » ne s’attaque pas selon eux à la racine du problème, au contraire il laisse à penser qu’on pourrait concilier les contraintes par une saine gestion. Selon les tenants de la décroissance ceci est une illusion, il faut donc diminuer notre consommation de ressources et par tant prôner une décroissance. Abordons la question de la décroissance sous l’angle de l’enseignement social de l’Eglise et notamment en commençant par constater un certain nombre de point de convergence :
Effectivement s’extraire de la pression de consommation peut être une libération et procurer une certaine « joie de vivre » (selon le sous-titre du journal La Décroissance)
Malgré ces points de convergence il faut constater aussi des divergences :
Ces éléments font toutefois débats comment l’indique l’article déjà cité : La prise en compte de la critique écologiste par les néoclassiques et les marxistes se traduit :
Les écologistes divergent avec les économistes sur la question de la substituabilité : les économistes ont tendance à mettre les limites assez loin (« durabilité faible ») alors que les écologistes tendent à vouloir les mettre assez près (« durabilité forte »). Le débat n’est pas tranché et il porte sur plusieurs facteurs sans réponse claire, ce qui ne permet pas de poser des limites précises à l’appropriation contemporaine (et plus généralement intragénérationnelle, ce que les économistes appellent « l’usufruit ») des milieux :
Nous n’entrerons pas dans le débat technique de savoir si ces affirmations sont vraies ou à quel horizon En réalité la question n’a pas tant d’importance, il suffit de constater que cela a été vrai localement (nombreuses catastrophes écologiques) ou sur certaines ressources (les poissons ou les baleines par exemple), pour admettre la généralisation possible à certaines ressources de la planète. Pour l’Eglise c’est un raisonnement moral, sur le bien de l’Homme qui est posé. A partir d’une vision intégrale de l’Homme elle constate qu’il existe dans l’Homme des dimensions culturelles, sociales, religieuses et spirituelles et que pour son plein épanouissement l’Homme doit pouvoir exercer pleinement toutes ces dimensions. On pourrait alors penser à une convergence avec la pyramide des besoins de Maslow, mais on se tromperait car la foi de l’Eglise –et son expérience bi-millénaire- lui enseigne que ce qui nourrit le plus substantiellement l’Homme c’est la Parole de Dieu. Les biens matériels sont nécessaires mais pas suffisants. Il existe donc un risque sérieux dans une société de (sur)-abondance d’absolutiser les biens matériels. La création de richesse comme but ultime de la vie personnelle, économique et politique est ce qui sous-tend le modèle de société qui est proposé à l’ensemble de la planète et qui motive beaucoup de comportements des riches comme des pauvres d'ailleurs. Une création de richesse qui atteindrait un équilibre environnemental est certainement un progrès, dans la vision chrétienne de « gérance » de la Création. Mais ça n’est pas suffisant non plus, car on peut également en faire un absolu. Il y a donc une différence profonde entre les tenants de la décroissance et la pensée sociale de l’Eglise. Les premiers partent d’un argument de gestion des ressources communes à l’humanité, L'Eglise part de la finalité de l’Homme pour situer la place des biens matériels dans celle-ci et solliciter de la part de nos contemporains un changement de comportement. En fait seule cette dernière approche est susceptible de satisfaire le cœur de l’Homme et de donner la véritable joie de vivre car elle lui donne un sens complet et plénier. Raymond Balmès
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Voir aussi
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