Présence & Témoignage

L’avenir de la terre 

Monseigneur Guy de KERIMEL Evêque de Grenoble

    
 

 

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Notre planète a-t-elle encore un avenir ? Certains peuvent en douter devant l’accumulation des menaces qui pèsent sur elle. Le progrès scientifique et technique donne à l’être humain une maîtrise de plus en plus grande de la création, et pourtant paradoxalement semblent se multiplier les dangers pour son avenir. Le progrès ne génère pas que du bien, mais aussi un certain nombre de maux qu’il ne réussit pas à maîtriser ; ils ne sont pas tous du même ordre, mais accumulés dans l’esprit des gens, ils entretiennent une inquiétude et une peur irraisonnées. Citons parmi ces problèmes :

• le réchauffement de la planète, lié à la pollution atmosphérique ;

• la maladie de la vache folle peut-être due à une alimentation animale irrespectueuse des lois de la nature ;

• l’épidémie de fièvre aphteuse (phénomène qui ne doit rien au progrès).

A cela se rajoutent :

• les expérimentations dont on ne mesure pas encore toutes les conséquences : les O.G.M., le clônage…

Le progrès scientifique n’est pas à remettre en cause, mais le danger vient de ce qu’on ne mesure pas toujours la différence entre ce qu’il est possible de faire et ce qu’il est bon de faire. S'il y a danger quand la science se développe indépendamment de toute référence éthique, quand elle se confond avec le Bien, et donc n’est plus soumise à un Bien objectif transcendant.

Le progrès scientifique, lié à la pression du libéralisme mondial, dans un contexte de relativisme moral a de quoi inquiéter. Il devient un réel danger pour l’avenir harmonieux de la société humaine et de la création.

Pour autant, faut-il se laisser prendre par la panique et l’affolement ? Certainement pas. Le chrétien a le devoir de réagir et de mettre en action la vertu d’espérance qu’avec la foi et la charité il a reçues à son baptême. Le manque d’espérance inhibe et empêche d’agir ; au contraire l’espérance est en quelque sorte le «moteur» de la foi et de la charité (qu’on pourrait définir comme la foi en action). L’espérance permet au chrétien de regarder plus loin que l’obstacle, et d’avancer pour surmonter celui-ci. Elle s’appuie sur la promesse de Dieu, la certitude qu’Il ne nous a pas faits pour la mort. Saint Paul nous rappelle que la Création, indissociablement unie à l’humanité, a un avenir : «La Création en attente aspire à la révélation des fils de Dieu ; si elle fût assujettie à la vanité, -non qu’elle l’eût voulu-, mais à cause de Celui qui l’y a soumise, c’est avec l’espérance d’être elle aussi libérée de la servitude de la corruption pour entrer dans la liberté de la gloire des enfants de Dieu. Nous le savons en effet, toute la Création jusqu’à ce jour gémit en travail d’enfantement…» (Rm 8, 19-22). «Assujettie à la vanité», la Création l’est en effet, quand elle n’a plus de sens, d’orientation, de but. Les chrétiens eux, savent qu’elle ne trouve son sens ultime que dans le dessein salvifique de Dieu. Elle est appelée à s’achever dans la Création Nouvelle inaugurée par le Christ Ressuscité. Loin de rêver à un passé révolu, loin de fuir toute idée de progrès, loin d’idolâtrer Dame Nature, le chrétien doit s’engager dans la gestion de la Création pour lui donner un avenir. Par son témoignage, par sa compétence, il doit évangéliser la culture scientifique, technique, «mondialiste», individualiste, relativiste. Ce n’est pas en se lamentant, ou en faisant la «politique de l’autruche», qu’il servira la création, mais en acceptant le combat ; sachant discerner ce qu’il y a de bon dans cette culture, et osant dénoncer ce qu’il y a de mauvais.

Plus que jamais le chrétien et toute l’Eglise ont la mission de témoigner pour l’Espérance.

 

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Rubrique animée par Joël Robin,
responsable de Terre & Foi

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