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Notre planète a-t-elle encore un avenir
? Certains peuvent en douter devant l’accumulation des
menaces qui pèsent sur elle. Le progrès scientifique et
technique donne à l’être humain une maîtrise de plus en plus
grande de la création, et pourtant paradoxalement semblent
se multiplier les dangers pour son avenir. Le progrès ne
génère pas que du bien, mais aussi un certain nombre de maux
qu’il ne réussit pas à maîtriser ; ils ne sont pas tous du
même ordre, mais accumulés dans l’esprit des gens, ils
entretiennent une inquiétude et une peur irraisonnées.
Citons parmi ces problèmes :
• le réchauffement de la planète, lié à la pollution
atmosphérique ;
• la maladie de la vache folle peut-être due à une
alimentation animale irrespectueuse des lois de la
nature ;
• l’épidémie de fièvre aphteuse (phénomène qui ne
doit rien au progrès).
A cela se rajoutent :
• les expérimentations dont on ne mesure pas encore
toutes les conséquences : les O.G.M., le clônage…
Le progrès scientifique n’est pas à remettre
en cause, mais le danger vient de ce qu’on ne mesure pas
toujours la différence entre ce qu’il est possible de faire
et ce qu’il est bon de faire. S'il y a danger quand la
science se développe indépendamment de toute référence
éthique, quand elle se confond avec le Bien, et donc n’est
plus soumise à un Bien objectif transcendant.
Le progrès scientifique, lié à la pression
du libéralisme mondial, dans un contexte de relativisme
moral a de quoi inquiéter. Il devient un réel danger pour
l’avenir harmonieux de la société humaine et de la création.
Pour
autant, faut-il se laisser prendre par la panique et
l’affolement ? Certainement pas. Le chrétien a le devoir de
réagir et de mettre en action la vertu d’espérance qu’avec
la foi et la charité il a reçues à son baptême. Le manque
d’espérance inhibe et empêche d’agir ; au contraire
l’espérance est en quelque sorte le «moteur» de la foi et de
la charité (qu’on pourrait définir comme la foi en action).
L’espérance permet au chrétien de regarder plus loin que
l’obstacle, et d’avancer pour surmonter celui-ci. Elle
s’appuie sur la promesse de Dieu, la certitude qu’Il ne nous
a pas faits pour la mort. Saint Paul nous rappelle que la
Création, indissociablement unie à l’humanité, a un avenir :
«La Création en attente aspire à la révélation des fils de
Dieu ; si elle fût assujettie à la vanité, -non qu’elle
l’eût voulu-, mais à cause de Celui qui l’y a soumise, c’est
avec l’espérance d’être elle aussi libérée de la servitude
de la corruption pour entrer dans la liberté de la gloire
des enfants de Dieu. Nous le savons en effet, toute la
Création jusqu’à ce jour gémit en travail d’enfantement…»
(Rm 8, 19-22). «Assujettie à la vanité», la Création
l’est en effet, quand elle n’a plus de sens, d’orientation,
de but. Les chrétiens eux, savent qu’elle ne trouve son sens
ultime que dans le dessein salvifique de Dieu. Elle est
appelée à s’achever dans la Création Nouvelle inaugurée par
le Christ Ressuscité. Loin de rêver à un passé révolu, loin
de fuir toute idée de progrès, loin d’idolâtrer Dame Nature,
le chrétien doit s’engager dans la gestion de la Création
pour lui donner un avenir. Par son témoignage, par sa
compétence, il doit évangéliser la culture scientifique,
technique, «mondialiste», individualiste, relativiste. Ce
n’est pas en se lamentant, ou en faisant la «politique de
l’autruche», qu’il servira la création, mais en acceptant le
combat ; sachant discerner ce qu’il y a de bon dans cette
culture, et osant dénoncer ce qu’il y a de mauvais.
Plus que jamais le chrétien et toute
l’Eglise ont la mission de témoigner pour l’Espérance.
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Rubrique animée par Joël Robin,
responsable de Terre & Foi
 
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