Lectures Robin
Au fil de nos lectures
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Je suis rentrée en juillet,
après 3 ans de coopération missionnaire en Côte d’Ivoire. Je
voudrais témoigner de ce que j’ai vécu et qui me touche en
ce qui concerne la nourriture.
En
Côte d’Ivoire, le repas consiste en un plat, le plat de
résistance ; pas d’entrée, pas de dessert. Dans la région où
j’ai vécu, c’est surtout l’igname (sorte de patate de chez
nous) qui est cultivée et consommée. On fait bouillir le
tubercule dans une marmite posée sur le foyer de trois
pierres. Le bois est trouvé dans la brousse et transporté
par les femmes et les enfants. Puis, le tubercule est pilé
pour faire du foutou que l’on trempe dans la sauce faite de
tomates, d'aubergines, de courgettes, de gombo, de graines
de palme… et de piment. Il peut y avoir de la viande
(gibier, bœuf, porc, ou volaille), ou bien du poisson pour
donner du goût à la sauce ! Le matin ce n’est pas le
chocolat au lait et les tartines beurrées, c’est le riz
«couché» c’est-à-dire le riz de la veille ! Le pain est
considéré presque comme du gâteau. Il m’est arrivé de
prendre un repas dans une famille, le premier janvier, et
nous avions du pain au dessert ! Les hommes mangent ensemble
et avec les convives, les femmes à part, puis les enfants
ont souvent ce qui reste. On mange sur de petites tables
basses, assis dans des chaises basses bien sûr. Il se peut
que l’on partage l’assiette avec son voisin, soit avec une
cuillère, soit avec la main (droite, en ayant lavé ses mains
dans une cuvette). On mange aussi un peu dans la journée,
entre les repas : du baka (riz avec du sucre et quelquefois
du lait), de l’alocco (banane plantain)… En tout cas c’est
simple. Ce qui m’a choquée le plus en revenant en France,
c’est que nous étions «gros» et les étalages des super,
hypermarchés ! C’est l’abondance, c’est trop ! Mais je ne
renie pas mes racines françaises de gastronome, car il faut
savoir aussi apprécier les bonne choses simples : le pot au
feu, les pommes de terre nouvelles avec une salade aillée… !
Mais impossible d’oublier ceux qui vivraient largement de
nos surplus, devant certains repas où l’abondance des
calories absorbées dépasse largement nos besoins.
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Rubrique animée par Joël Robin,
responsable de Terre & Foi
 
Dossier nourriture
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