Présence & Témoignage

Qualité des aliments et santé de l’homme

par François Delbecke

    
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L’homme d’aujourd’hui se soucie de plus en plus de sa santé notamment à cause de la peur de mal vieillir ou d’attraper les affreuses maladies de civilisation qui inondent la société occidentale. Il s’en confie à son médecin, mais il fait aussi davantage attention à ce qu’il mange. Il recherche une qualité de l’aliment qui lui donnera la santé. Les industriels se sont empressés de le rassurer mais on peut se demander si cela va bien dans le sens de la véritable santé corporelle, psychique et spirituelle de l’être humain. Ce n’est pas si sûr.

A écouter les médias, l’on n’a pas grand chose à craindre pour notre vie puisque nous avons une médecine performante et un système alimentaire très développé où chacun peut trouver matière à satisfaire son appétit en suivant un régime à la carte et en modulant même son alimentation en fonction de sa pathologie. A titre d’exemple, regardons les enfants d’aujourd’hui. Au petit déjeuner ils ont des céréales enrichies en vitamines et oligo-éléments, avec un dosage équilibré en sucre, matières grasses, glucides, lipides… Voilà donc, pour l’enfant, de quoi être en pleine forme jusqu’à midi et avoir tout ce qu’il lui faut pour favoriser sa croissance. On va juste lui ajouter un bon jus de fruit lui aussi enrichi en vitamines. Et de peur qu’il manque encore quelque chose on va encore enrichir son lait de vitamines A, B, C,… On se demande alors pourquoi nos enfants sont si souvent malades.

Alimentation à la carte

L’adulte a droit aussi à son panel d’aliments adaptés à tout ce qu’il croit avoir besoin. Ainsi, vous aurez des produits sans sel, allégés en sucre ou sans sucre, enrichis d’huiles essentielles et garantis en vitamines, des 0 % de matières grasses, des huiles allégées… En principe, la ménagère a donc de quoi être rassurée sur la bonne qualité des aliments qui vont procurer la bonne santé de toute la famille. En effet, elle peut trouver sur la majeure partie des produits alimentaires tous les gages de qualité possibles : des labels, des certificats d’origine contrôlée, des garanties de fraîcheur et de vitalité, des garanties de santé «sans cholestérol», «riche en fer et en magnésium»… Des produits sont bons pour la mémoire, le stress, la beauté et l’énergie de toute la journée. Enfin, le consommateur peut lire aussi sur les emballages de ses courses alimentaires une avalanche d’informations : minéraux, valeur énergétique, valeur nutritionnelle, composition, teneur en vitamines, teneur en graisses… Il pourra compléter tout cela avec les médias, où les sujets sur la nutrition et la santé sortent à profusion. C’est quelquefois contradictoire mais peu importe, on croit ce qui se dit sur le moment, on suit la mode. Qui oserait nous mentir ? On peut ainsi calculer ce que l’on doit manger pour ne pas grossir, pour mieux dormir, pour améliorer son rendement sportif ou pour préparer ses examens. On ne mange plus avec son cœur mais avec sa tête. Un peu de 0 % + de l’enrichi en fer + du faux sucre + de la poudre de ginseng = je suis au «top», pour parler moderne.

Progression des maladies

 Tout cela semble très beau mais y a-t-il une vérité alimentaire dans le système dit «sécurisant» de la distribution moderne ? Pourquoi constate-t-on qu’il y a de plus en plus de maladies dues aux carences alimentaires ? La progression des cancers, des scléroses en plaques, des maladies psychiques, des maladies neurologiques et génériques et des maladies cardio-vasculaires entre autres, s’amplifie dangereusement. Cela ne peut pas être le seul fait d’une fatalité, de la pollution, ou du rythme de vie imposant (il s’allège avec les 35 heures). N’est-ce pas plutôt la qualité de nos aliments qui, sous des allures bienveillantes, est devenue médiocre ?

Autre conséquence les drogues

Une autre conséquence de ce que l’on appelle maintenant la «mal bouffe» constitue en la consommation de plus en plus forte d’excitants comme le tabac, l’alcool, le café ou le sucre. Cela va même, lié à d’autres causes, jusqu’à la prise de drogues douces puis dures. La raison en est simple. L’homme mal nourri dans son corps est insatisfait. Il va alors chercher ailleurs ce dont il n’a pas été comblé. Certains cherchent des excitants capables de pallier à leurs faiblesses, d’autres plus atteints par les drames de la vie, surtout les jeunes en pleine croissance, se tournent vers les drogues. Cela n’est pas sans lien aussi avec l’appauvrissement des nourritures intellectuelles et spirituelles depuis le triomphe de l’athéisme. On comprend alors que les jeunes, en quête d’absolu mais aussi en état de faiblesse corporelle et psychique, se délectent dans les «raves» parties. Ils pensent trouver dans la «transe» musique, le tabac, l’alcool, les drogues, le sexe, et un semblant de liberté, ce dont ils manquent profondément. L’homme d’aujourd’hui semble avoir perdu le sens profond de la qualité nutritive de l’aliment qui n’est pas seulement une chose qu’on avale et qui va nourrir nos cellules. Cet aliment a son origine en ce Dieu d’Amour qui l’a fait pour notre bien. Voilà une traçabilité que l’on ne trouve pas sur les étiquettes de nos produits alimentaires. Sainte Hildegarde, une moniale du 12e siècle, nous enseigne que la qualité principale d’un aliment réside en sa viridité, une énergie vitale créée par Dieu qui se manifeste dans la verdeur des plantes. Or, cette énergie se trouve altérée si l’on ne respecte pas le fonctionnement de la nature, tel que Dieu l’a défini. Il y a donc, et cela prend heureusement de l’ampleur, la nécessité de retrouver une qualité naturelle de l’aliment sans la chimie de l’homme. Mais elle n’est pas la seule. L’industrie agro-alimentaire n’y va pas par quatre chemins pour transformer et appauvrir les aliments. On peut craindre en effet que le raffinage systématique pain blanc, sucre blanc, riz blanc…, les colorants, les chaînes de froid et le rajout de produits de synthèse rendent nos aliments défectueux sur le plan nutritif. Il nous faudra certainement revenir à plus de simplicité. Heureuse la famille dont la ménagère achète des produits frais au maraîcher soucieux de sa terre ou au commerçant consciencieux de l’origine de ses produits : elle s’en trouvera sûrement très bien physiquement, psychologiquement et spirituellement.

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Rubrique animée par Joël Robin,
responsable de Terre & Foi

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Dossier nourriture

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