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L’enseignement
social catholique (ou doctrine sociale de l’Église
catholique) est l’enseignement que l’Église consacre aux
problèmes de société que l’humanité est appelée à affronter
et à résoudre, sur la base des grandes valeurs de justice,
de paix et de solidarité, pour le bien commun de tous sans
exception.
L’Église s’appuie pour l’élaborer sur la
raison, comme chacun de nous doit essayer de le faire, et,
notamment, les responsables de la politique, de l’économie
et de la vie associative sous toutes ses formes. Mais aussi
—et en dernier ressort— sur sa foi en la Révélation de Dieu
en Jésus-Christ, telle qu’elle lui est donnée par les livres
de l’Ancien et du Nouveau Testament et transmise par sa
grande Tradition multiséculaire.
Comme Jean-Paul II l’a expliqué dans son encyclique
Sollicitudo rei socialis (1987), cet enseignement social
(ou doctrine sociale) doit être considéré, en définitive,
comme une pensée proprement théologique, par suite de sa
référence ultime à la foi en Jésus-Christ : « C’est
pourquoi, assure-t-il, elle (il) n’entre pas dans le domaine
de l’idéologie, mais dans celui de la théologie et
particulièrement de la théologie morale. » (n°41)
Il contient des points de repère et des orientations
concernant tous les domaines de la vie en société
(politique, économie, rapports sociaux, écologie et
environnement, culture) : toujours en référence suprême à
notre foi chrétienne. Comme l’explique encore Jean-Paul II,
«l’enseignement et la diffusion de la doctrine sociale font
partie de la mission d’évangélisation de l’Église.« Elle
relève du domaine de sa «fonction prophétique«. Il lui
incombe «la dénonciation des maux et des injustices», mais
encore plus «l’annonce» des répercussions de l’Évangile sur
tous les domaines de la vie en société (n° 41).
Sur le plan de la Révélation, son fondement définitif est le
grand commandement de gérance dynamique et responsable
devant Lui de nos ressources terrestres et d’auto-organisation
que le Créateur a prescrit à l’humanité, admirablement
formulé dans le premier récit de la création : « Faisons
l’homme à notre image et à notre ressemblance et qu’il
soumette les poissons de la mer, les oiseaux du ciel, les
bestiaux, toute la terre et toutes le petites bêtes qui
remuent sur la terre » (Gn 1, 26-27). Un langage en
apparence naïf, adapté à une société agraire, mais d’une
grande profondeur de pensée et qui vaut pour l’humanité de
tous les temps. Il faut l’interpréter non pas comme une
«domination» égoïste et arbitraire, mais comme une
intendance au service de Dieu, de tous les êtres humains et
de la planète entière.
La Terre, jardin
de Dieu
N’oublions pas, toutefois, le second récit
biblique de la création (qui est, en réalité, plus ancien
que le premier et encore plus poétique). Le Grand
Commandement y est formulé sous les symboles du Jardin et du
Jardinier (Gn 2). La planète-terre est le Jardin de Dieu et
l’humanité en est le Jardinier à qui Il la confie. Elle
doit, donc, l’entretenir et la faire fructifier dans le même
sens que le premier récit : « Le Seigneur Dieu, nous
assure l’écrivain biblique, prit l’homme et l’établit dans
le Jardin d’Eden pour cultiver le sol et le garder » (Gn
2, 15). Retenons cette savoureuse image poétique et sachons
en découvrir l’inépuisable profondeur de sens. Apprenons à
considérer notre planète comme une merveille de l’univers,
car elle l’est véritablement, ainsi que nous l’apprennent
les astrophysiciens. Soyons-en les gardiens vigilants et
passionnés, alors que des comportements irresponsables
risqueraient de la détériorer à jamais.
Apprenons aussi à chanter les
louanges du Dieu créateur, comme tant d’écrivains bibliques
et saint François d’Assise dans son admirable Cantique des
créatures.
par Mgr René Coste
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Rubrique animée par Joël Robin,
responsable de Terre & Foi
 
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