Présence & Témoignage

L’écologie chrétienne

    
Lectures Robin

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INTERVIEW…

Voici un extrait de l’interview de Monseigneur Lanza réalisé par radio Notre Dame qui le recevait avec Raymond et Claire Balmès quelques jours avant le Forum. Monseigneur Lanza y résumait l’enseignement qu’il allait donner au Forum. Nous avons gardé volontairement la forme de l’interview pour respecter l’exactitude de ses propos. La question posée était: « Qu’entend l’Eglise par écologie humaine authentique ? »

Monseigneur Lanza est président du centre interdisciplinaire de l’Université pontificale du Latran.

 

  •  Radio Notre Dame : Monseigneur, en présence des responsables du forum du 1er mai à Paray-le-Monial, où vous serez présent, pouvez-vous, en avant première, nous dire quelles seront les grandes lignes de l’enseignement que vous y donnerez ?

Monseigneur Lanza : L’environnement est fait pour l’homme. Il est responsable et a vocation à être dans l’univers l’image de Dieu. C’est lui qui représente l’œuvre de Dieu et reçoit la vocation de la conduire à son but.

Il faut partir de la création plus que de l’univers. La création est relationnelle. Il faut comprendre qu’avec la création nous recevons un cadeau de Dieu que nous devons faire fructifier et donner aux autres… présents et futurs.

L’homme, en faisant fructifier ce don de la création, trouve le moyen de se développer.

Sinon l’écologie devient une idée (une mythologie) une idée qui n’est pas au service de l’homme mais un but en soi-même. Or c’est l’homme le but final de l’action elle-même.

Dans le mouvement « le nouvel âge » l’homme est un morceau de l’univers, pas un sujet. Dans la perspective chrétienne le sujet c’est Dieu et l’homme sujet devant Dieu. L’homme est fait à l’image de Dieu.

C’est l’homme que Dieu met au jardin d’Eden pour le cultiver… Le travail a une dimension pénible, mais ce n’est pas l’originaire… L’originaire c’est l’homme dans le jardin pour le cultiver, avant la rupture avec Dieu.

Dans notre vie, il y a deux racines. La racine originaire et celle qui vient du péché. Elles sont toujours ensemble. C’est le champ de bataille où il faut faire croître la racine originaire et combattre la racine du péché qui est pénible et qu’on ne peut éliminer complètement. Mais la racine originaire est la dignité de l’homme.

  • RND : Père, devant la beauté de la création n’y a-t-il pas motif à louer le créateur à l’exemple du cantique des trois enfants ?

Mgr L. : La louange de la création. Tout est créé par Dieu. Motif de louer. Maintenir la différence entre le sujet qui est l’homme et les réalités créées. Mais les autres réalités ne sont pas seulement des choses, elles participent de la vie de la création où Dieu a envoyé son Esprit qui renouvelle la face de la terre. L’univers est animé par l’Esprit de Dieu. C’est la différence avec le Nouvel Age.

  • RND : Pourriez-vous nous dire un mot de l’enseignement de l’Eglise sur la Création ?

Mgr L. : L’Eglise n’a peut être pas assez manifesté son intérêt, mais elle dit : il faut reconnaître l’univers comme création, comme vocation de l’homme. On ne peut pas comprendre l’œuvre de la rédemption sans comprendre l’œuvre de la création. L’œuvre de la rédemption est une nouvelle création. L’écologie est un thème de la théologie et pas seulement un thème de la sociologie ou de la politique.

On ne peut pas être un bon chrétien sans respecter l’univers, sans le développer. Pas seulement le respecter, mais vouloir un développement intégral et pas seulement soutenable (ou équitable) c’est la perspective catholique. Un humanisme intégral dont le Pape a parlé lors du Jubilé de l’an 2000.

La création ne vient pas seulement du néant, elle est contre le néant. L’homme réalise ses projets dans l’univers, malheureusement touché par le péché et cela se retourne contre l’homme. Il y a une notion de respect de la vie.

Il ne faut pas limiter l’enseignement social de l’Eglise au magistère. La Théologie donne à cet enseignement sa concrétisation. Il faut introduire dans l’éducation chrétienne ce thème. Le père de Lubac disait qu’il ne faut pas séparer la vie concrète de la vie spirituelle. Le religieux dans la perspective chrétienne est dans l’histoire des hommes selon la loi de l’incarnation.

  • RND : Pourriez-vous nous donner quelques points fondamentaux de l’enseignement social de l’Eglise par rapport à la philosophie des Lumières ?

Mgr L. : 1 – Au centre : l’homme. Le Pape le répète : l’objet de la doctrine sociale c’est la personne, c’est l’homme. Elle est enracinée dans une anthropologie. On ne doit pas en faire trop vite une éthique pratique.

2 - Le bien commun : la relation. Le bien de la personne ne peut pas être accompli sans relation avec les autres. Une relation qui est faite de réciprocité et de gratuité.

3 - Subsidiarité : que les instances supérieures ne fassent pas ce que les instances inférieures peuvent faire. Il faut aider les personnes à se réaliser elles-mêmes.

L’homme est au centre. La philosophie des Lumières prend les hommes comme individus et pas comme personnes en relation. L’homme dans la perspective chrétienne écoute sa conscience éclairée par Dieu qui enseigne par l’Esprit Saint.

L’environnement, la responsabilité ne se limite pas à ce qui est soutenable, mais comprend le dessein de Dieu sur la création. Avoir un regard qui permet de répondre au dessein originaire de Dieu sur la création pour rétablir l’harmonie qui n’est pas seulement esthétique comme dans le Nouvel Age, mais ontologique, qui regarde l’être profond des choses.

La volonté de Dieu sur l’univers est à chercher avec d’autres dans un dialogue et une confrontation.

 

Extrait de Terre et Foi Numéro 47 p10-11

Ecoute la rosée

Un pèlerin se présente à l’Ancien avec une gerbe de questions.
L’Ancien lui suggère d’expérimenter le silence.
Chaque jour le pèlerin attend un mot de réconfort,
espère une parole de sagesse.
Le sourire, le regard complice, le geste discret sont les seules leçons qu’il reçoit.
Un matin, au soleil levant, l’Ancien le conduit au potager
pour ramasser des légumes.
Le pèlerin contemple en silence la féerie des gouttes de rosée sur le feuilles.
Une goutte de lumière tombe sur le sol.
Le pèlerin dit : « J’ai entendu la goutte d’eau glisser,
puis éclater sur le sol, j’ai entendu aussi mon cœur. »
L’Ancien sourit, il lui parle enfin :
« Maintenant que tu sais écouter,
tu peux poser tes questions. »
Mais le pèlerin

 

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