Présence & Témoignage

 Lacs, chutes, geysers…
 mais où est l’eau potable ?

    
Lectures Robin

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Henri-Roger RANDRIAMLALISOA
Professeur de physique-chimie

A l’encontre du sud désertique de Madagascar, le Moyen-Ouest, en région volcanique, est favorisé de sources d’eau qui attirent les gens de la capitale Antananarivo située à 110 km.

L’eau
maîtresse de vie
Grand est l’étonnement du touriste qui découvre n paysage magnifique, calme, silencieux, encore intact, non pollué d’usines, sans installations touristiques.
Parmi une succession de lacs, le lac Itorsy, centre géographique de l’île, est renommé pour sa production en poissons variés. Jour et nuit, les barques légères s’activent avec leurs vastes filets, pour approvisionner la région et surtout la capitale, de poissons frais : black-baso, carpes, tilapia, anguilles, crabes… transportés régulièrement par les taxis-brousses. Un programme récent pour augmenter la production est assuré par la province sous forme de complément d’alimentation des poissons.
Non loin de là, à la chute Lily, un projet d’installation hydraulique, en vue d’électrifier la région, élaboré avec le gouvernement russe vers 1994, n’a pas abouti. Et le site improductif, resté vierge, garde sa beauté naturelle, enchâssé dans la verdure et scintillant d’un arc-en-ciel aux heures ensoleillées.
Dans les montagnes volcaniques qui se succèdent sur une centaine de kilomètres, naissent sources et rivières. Les paysans sont habiles pour diriger l’eau jusqu’à leurs rizières en gradin ou au fond des vallées. Après la moisson du riz, voici les cultures en contre-saison dans ces rizières : tomates, pommes de terre, haricots, oignons… qui approvisionnent les marchés environnants.
L’eau,
cause d’affaiblissement de vie
Ces nombreux points d’eau sont quotidiennement fréquentés par les lavandières, les baigneurs, les troupeaux de bœufs qui viennent s’abreuver, les enfants qui cherchent l’eau pour la famille. L’eau, même apparemment pure et limpide, cache des microbes, parasites tels que bilharzies, amibes… et est aussi un lieu de ponte des anophèles sous ce climat chaud, source de nombreux cas de paludisme. Anémies, dyssentries, troubles divers affaiblissent la population. Le Collège d’Analawory, avec ses 1 200 élèves, n’a que l’eau d’un ruisseau !
A la recherche
de l’eau potable
Près du lac d’Ankozondrano, un gros village de 1 500 habitants n’a pas d’eau potable. Avec l’aide d’une ONG, le Misereor allemand, les familles se sont regroupées pour réfléchir et réaliser une adduction d’eau, depuis la montagne proche, alimentant actuellement 19 bornes-fontaines à travers le village. L’inauguration de cette heureuse réalisation, en septembre 2003, a donné lieu à une fête de joie et de satisfaction, exprimées par des poèmes, chants, danses, selon la culture artistique du peuple malgache. Les discours officiels débutaient par une action de grâce au Créateur pour l’eau de la Vie et la collaboration des familles.
L’eau, don de la nature est appelée à être ordonnée au service des humains pour leur épanouissement et leur santé. L’homme saura-t-il orienter le choix de ses projets au service du plus grand nombre de ses frères dans le besoin ?
 

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