Richesse et pauvreté à l’échelle de la mondialisation

par Michel COQUILLION

 

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Plan

        I.      Quelques définitions

      II.      Un état des lieux

a.       Dans les pays pauvres

b.      Dans les pays riches

    III.      Quelques propositions

a.       Macroéconomiques

b.      Personnelles

 

 

 

Introduction

 

Depuis la fin des « 30 trente glorieuses » dans les années 70, la France et entrée dans une période durable d’alternances de croissance modérée et de stagnation. Si le pays continue à être riche, la pauvreté et le chômage gagnent.

Nous vivons une époque où la foi dans un avenir meilleur que la veille, a laissé place pour beaucoup à la peur, voire la désespérance. Bien des parents ont le sentiment que leurs  enfants vivront moins bien qu’eux.

C’est dans ce contexte que le pays doit faire face à deux défis de taille : la construction de l’Europe et la mondialisation de l’économie.

Le développement de l’information conduit à voir des réalités terribles : des enfants qui meurent de faim ou du sida ou vendu par leur parents pour satisfaire les caprices et dérives sexuels, des ouvriers réduit à une forme d’esclavage, des paysans chassés de leur terre entassés à la périphérie de grandes villes…

Nous nous trouvons pris entre une légitime révolte de notre soif de justice, la crainte de voir notre pays sombrer dans pauvreté croissante et notre sentiment d’impuissance devant l’ampleur des dégâts.

En tant que chrétiens, nous ne pouvons pas rester indifférents ou nous laisser conduire par notre seule émotion qui permettrait à des idéologues de nous manipuler.

Les questions se posent : Jusqu’où cela peut-il aller ? Y a-t-il une espérance possible par rapport à la mondialisation ?

 

« N’ayez pas peur », « Entrez dans espérance » disait Jean-Paul II nous allons donc ensemble de réfléchir sur des éléments :

Þ    qui peuvent nous aider à avoir une approche plus en vérité, éclairée par autre chose que la peur,

Þ    qui ouvrent des pistes de réflexion sur « que puis-je faire, à mon niveau ?»

Þ    qui nous aide à porter un regard de justice («heureux ceux qui ont fin et soif de justice. ») et d’espérance.

 

Auparavant, il me semble important de préciser le sens et la portée de quelques mots clefs. L’usage ambigu de ces notions conduisant parfois à travestir la vérité.

 

I - Quelques définitions (sommaires)

 

Le capitalisme :

Mode de financement des entreprises privées. Il suppose la légitimité de la propriété des biens de production – contraire au communisme qui n’admet que la propriété collective - et une liberté de créer une entreprise dans un marché libre où le profit permet un développement économique et social.

Léon XIII et JEAN PAULII mettent une limite importante à ce droit de propriété : la destination universelle des biens qui veut que l’appropriation des biens ne peut se faire par quelques uns au détriment des plus pauvres.

L'échec du communisme montre que l'économie d'état ne fonctionne pas, celle de marché, la seule conforme à l'anthropologie humaine, nécessite par contre des régulations.

 

Le libéralisme :

Le mot libéralisme désigne des approches très différentes avec aux extrêmes :

v     la totale libre concurrence sans règle qui voit dans cette concurrence le moteur de l’évolution. Toute entrave à la liberté du marché, même de nature sociale, est vue comme une faute contre « l’efficacité »,

v     la libre création d’entreprise dans un marché où le rôle de l’offre et de la demande est le moteur de l’économie. Des régulations sociales (syndicales, législatives ou réglementaires …) permettent de protéger le plus faible. l’Etat joue un rôle subsidiaire.

C’est bien la première définition qui est rejetée par l’approche chrétienne car l’affrontement ne produit pas en lui-même de régulation. C’est le règne du «renard libre dans un poulailler libre» (A DELEU).

Le libéralisme peut également être une dérive totalitaire quand, au travers de l’UNESCO ou des exigences qui conditionnent les aides, il exige des pays l’adoption de mesures antifamiliales, parfois mutilantes, contraires à la volonté des peuples, selon un schéma libertaire qu’il veut imposer. C’est le cas, par exemple, avec les stérilisations imposées aux femmes en Amérique Latine (cf : le dernier numéro de « Il est vivant » ou Michel SCHOOYENS « la dérive totalitaire du libéralisme ».

 

La mondialisation ou globalisation

 

Dans le langage français, la mondialisation désigne aussi bien la nature mondiale des échanges économiques et culturels que l’interdépendance des économies qualifiée de globalisation par les anglophones.

 

La mondialisation a commencé avec l’humanité :

- Les grandes migrations auraient commencé avec l’homme dans la préhistoire,

- Le Christianisme s’est développé par les missions dans le monde entier,

- Le commerce mondial est très ancien (Marco Polo, phéniciens, espagnoles…)

Il se traduisait par des échanges économiques  et religieux, mais aussi des guerres de conquête.

La mondialisation a toujours présenté plusieurs visages.

 

Depuis la seconde guerre mondiale, la mondialisation a fortement évolué.

En consacrant le partage du monde entre le camp communiste et le camp des alliers, les accords de YALTA ont créé les conditions d’une dangereuse concurrence entre les deux mondes. Pour éviter l’expansion du communisme, les Etats-Unis ont joué un rôle déterminant dans le développement d’institutions sociales (l’Organisation Internationale du travail et le BIT, la CISL)  ou financières (banque mondiale, FMI) visant à rendre acceptables les conditions de vie du « monde libre ».

 

La faillite du communisme, qui s’est traduite par la chute du mur de Berlin, a réduit la menace de l’expansion du communisme. Le libéralisme, sous toutes ses formes, ne rencontre plus d’obstacle sérieux ne serait-ce qu’en terme de révolte des peuples. Les USA réduisent de ce fait leurs efforts pour rendre plus acceptable socialement les effets des inégalités.

 

La globalisation se traduit par une accélération phénoménale des échanges (économiques, financiers, culturels…). Internet et les milliards d’informations échangées à chaque seconde, les sommes colossales, souvent anonymes, qui transitent sur les réseaux bancaires, l’ouverture des frontières aux échanges, tout cela crée une interdépendance croissantes des Etats.

Or c’est plutôt le libéralisme sous sa forme totalitaire qui tend à s’imposer et avec lui de graves conséquences.

 

 

II -  Etat des lieux : voir la pauvreté à notre porte 

 

La pauvreté est là. Nous ne pouvons l’ignorer.

 

Une injuste répartition des richesses

 

Quelques pays consomment l’immense majorité des richesses et pillent la planète.

Cela se traduit par un gaspillage monstrueux d’énergie, de richesses avec des effets très graves sur l’environnement (pollutions, émissions gaz à effet de serre …)

Le développement des pays riches ne contribue pas comme il le pourrait à la création de richesses partagées, de savoirs mais à la satisfaction de minorités.

 

 

Aspects de la pauvreté sont multiformes

Ø      L’enfant africain ou nord coréen qui meure de faim,

Ø      La misère des familles des favelas,

Ø      l’ouvrier qui trime comme esclave dans une usine,

Ø      le paysan sans terre

Ø      les familles décimées par le SIDA

Ø      ….

On pourrait s’étendre longuement sur un tableau dramatique.

 

 

Des éléments d’un contexte très préoccupant

 

L’instabilité financière : qui s’est traduite par l’effondrement du Mexique en 95, Thaïlande en 97

De l’Indonésie, la Corée puis la Russie Brésil et plus récemment l’Argentine – cela a très bien été décrit ici, à PARAY LE MONIAL par Michel CAMDESSUS au forum du 1er mai 2002 dans son intervention sur la mondialisation.

 

L’extrême volatilité des capitaux qui affaiblissent d’autant la capacité politique des états avec des exigences de rentabilité mortelles pour des économies faibles. Autre conséquence : la marginalisation des pays les plus pauvres et sans ressources qui s’enfoncent dans une pauvreté croissante.

 

Constitution de grands groupes mondiaux d’une puissance supérieure à celle des états. Entreprises parfois prédatrices ou au rôle ambiguës (Ex Nestlé)

 

Des épidémies comme le sida se développent et sont prétexte à exporter nos solutions, mais à refuser nos médicaments (c’est le problème de la protection des brevets pharmaceutiques).

 

Des guerres et tentions religieuses ou ethniques (l’Afrique pour 1/3 des pays – l’Asie) interdisent tout développement durable (Côte d’Ivoire, Togo ces jours-ci). Ces tentions sont parfois exploitées ou encouragées par les pays riches pour assoire leur influence ou vendre des armes.

 

Notons également l’appauvrissement des pays les plus pauvres par leur exploitation, des aides inappropriées qui tuent les productions locales, entraînant l’exode rural et déstabilisent gravement les pays au niveau ne serait-ce que de l’autosuffisance alimentaire.

 

Le développement très rapide de la chine, fondé sur un système politico-économique totalitaire, déstabilise les échanges mondiaux par la combinaison d’un dynamisme économique réel, du pillage technologique des pays en pointe et de pratiques sociales dramatiques. Des millions de salariés sont transformés en esclaves dont la vie ne compte pour rien. Les pays développés ne peuvent supporter une telle concurrence même en réduisant les avantages sociaux.

Certains pays ont bénéficié de délocalisations des pays les plus riches comme le Maghreb, la Turquie …

Ils sont maintenant victimes à leur tour de ces délocalisations.

 

La mondialisation échappe aux pouvoirs démocratiques. Elle constitue un processus qui entraîne la planète dans une aventure aux risques multiples.

Proximité, interdépendance, concurrence sans frein, elle contribue à la destruction d’équilibres économiques et humains fragiles par l’exploitation effrénée des ressources et la mise en péril de la planète.

 

La communauté internationale réagit parfois, sous le coup des émotions ou des intérêts de pays puissants, mais pas nécessairement à bon escient :

Ø      aides internationales qui sont systématiquement détournées et enrichissent les dirigeants avec la complicité des pays riches et l’aide des paradis fiscaux

Ø      Aide sans suite (Somalie) qui s’étiole ou disparaît avec les caméras de télévision,

Ø      Aides qui vont plutôt aux « bon élèves » qu’aux pays les plus pauvres en imposant des évolutions dangereuses (par exemple vers des productions agricoles concurrencées (comme le soja) au lieu des productions locales, pratiques déflationnistes brutales, fermeture d’équipements collectifs pour imposer des économies dans les dépenses publiques…).

Ø      Déstabilisation de pays :

o       changement habitudes alimentaires par l’aide : aggravation du manque d’auto suffisance alimentaire (par exemple, la culture des haricots rouges d’Amérique du sud a été abandonnée au profit du soja provoquant un exode rural par le regroupement des terres et un manque de nourriture à prix abordables pour les populations )

o       Paysans sans terre et exode rural résultant de la concentration agricole nécessitée par l’évolution vers des productions d’exportation

o       Les pratiques de grands groupes visant à rendre les pays dépendants (exemple : les semences OGM stérilisées qui doivent être achetées chaque années).

Ø      Inégalités au-delà de l’approche nord-sud, car elles se retrouvent à l’intérieur de la plupart des pays,

Ø      Installation d’industries polluantes, à faible valeur ajoutée. Salaires de misère et conditions de travail extrêmement dures.

 

LA PEUR

 

Face à cela, dans le contexte précédemment décrit, nous constatons le développement de la peur dans les pays les plus développés :

v     Peur pour l’emploi (délocalisations, faillites …)

v     Prétexte à remise en cause des statuts des salariés et des avantages sociaux au nom de la compétitivité,

v     Disparition des activités fortes consommatrices de main d’œuvre et à faible valeur ajoutée

v     Menaces sur les régimes sociaux

v     ….

 

Devant cette crainte, c’est tout le processus de la mondialisation qui est remis en cause. Cela conduit à une tentation de repli sur nos richesses et derrière nos frontières ou de fuite en avant anarchiste.

 

Or, la création d’industries et d’activités économiques est nécessaire pour les pays émergents pauvres et pas seulement ceux qui ont des ressources importantes.

 

Mais pas à n’importe quel prix.

L’économie d’état a montré ses limites et les solutions qui proposent de remettre en cause l’économie de marché n’ont pas de sens car elles sont contraires à la vérité anthropologique de l’homme. A contrario, l’absence de règles favorise le plus fort.

 

 

III Quelles réponses : les pistes d’action

 

Le protectionnisme

 

JEAN PAUL II CA 33 §4  (CA : CENTESIMUS ANNUS)

« Il n’y a pas très longtemps, on soutenait que le développement supposait, pour les pays les plus pauvres, qu'ils restent isolés du marché mondial et ne comptent que sur leurs propres forces. L'expérience de ces dernières années a montré que les pays qui se sont exclus des échanges généraux de l'activité économique sur le plan international ont connu la stagnation et la régression, et que le développement a bénéficié aux pays qui ont réussi à y entrer. Il semble donc que le problème essentiel soit d'obtenir un accès équitable au marché international, fondé non sur le principe unilatéral de l'exploitation des ressources naturelles, mais sur la valorisation des ressources humaines (72). »

 

Le marché libre est plus efficace que le protectionnisme, mais pas à n’importe quelle prix.

On ne peut ramener l’homme au rang de machine ou d’investissement comme un autre (CA34 : « Les objectifs énoncés par Rerum Novarum pour éviter de ramener le travail de l'homme et l'homme lui-même au rang d'une simple marchandise gardent toute leur valeur dans le contexte du Tiers-monde, et, dans certains cas, ils restent encore un but à atteindre : un salaire suffisant pour faire vivre la famille, des assurances sociales pour la vieillesse et le chômage, une réglementation convenable des conditions de travail. »)

Le « rôle pertinent du profit » demande un « contrôle par les forces sociales et par l’Etat ». C’est le rôle reconnu des syndicats. Donc créer des syndicats – avancer vers les règles de l’OIT de la libre organisation des syndicats. Le rôle de la CMT (confédération mondiale du travail – chrétienne) et de la CISL s’en trouvent également confirmés.

L’Etat doit également « garantir la satisfaction des besoins fondamentaux de toute la société »

CA 35 « rompre les barrières et les monopoles »

 

Humaniser la mondialisation

 

Une mauvaise solution serait de nous replier et à l'abri de nos frontières sur nos richesses comme Lazare vivait sur ses richesses sans même laisser les miettes aux pauvres.

Cette solution serait même contre-productive car elle fait abstraction de réalités incontournables : la France exporte et s'enrichit grâce à la mondialisation.

Elle a des atouts très importants comme la recherche et un savoir-faire qui lui permette des productions compétitives et de haute technologie.

On ne peut à la fois vouloir que les pays achètent nos productions et leur refuser de se solvabiliser en produisant eux-mêmes.

 

La taxation

La solution de taxation des échanges économiques ou de la spéculation comme le propose par exemple la taxe TOBBIN pose des problèmes importants et difficilement solubles

Ø      Cette taxe ne peut être crée que dans le cadre d'une entente mondiale,

Ø      elle suppose une coopération de tous les pays concernés,

Ø      elle suppose également une transparence financière dans ces pays et que ceux-ci maîtrise les flux financiers ce qui est loin d’être le cas par exemple dans les PECO,

Ø      la disparition des paradis fiscaux semble un préalable incontournable auquel les pays riches ne sont pas prêts.

 

Ces conditions ne sont actuellement pas réunies.

Faut-il, comme le proposait J. CHIRAC, avancer vers une sorte de TVA mondiale pour financer le développement ?

 

Combattre la mondialisation ?

Cela reviendrait à remonter et le temps ou à écoper et la mer. Ce serait même un changement de régime.

Il serait injuste dans une optique chrétienne de nous replier sur nos richesses.

On ne peut interdire à un pays pauvre de s’industrialiser et la richesse mondiale ne peut rester dans les mains de quelques pays.

En l'interdisant aux pays émergeant de produire on se fermerait des marchés.

Cela s'inscrit dans une approche malthusienne contre l'espérance et contre la justice.

La création de richesses nouvelles, si une juste part revient au peuple, ouvre la porte à un progrès mondial.

 

Mondialiser autrement

 

Ø      Développer une régulation mondiale qui s’appuie sur des règles sociales, déontologiques et éthiques,

Ø      Sortir de la logique uniquement financière du FMI avec des critères sociaux, une plus grande transparence et l'assortiment de règles sociales aux règles économiques. Donc sortir de la polarisation sur le financier et la libre concurrence. Des aides allant plus aux entreprises ou au peuple qu'aux états. C’est la critique des PAS (plans d’ajustements structurels du FMI) qui échouent aux trois quarts ainsi que 59% des projets de la banque mondiale qui ne s’appuient pas sur les populations.

Ø      Représenter justement les pays pauvres dans les organismes mondiaux de décision issus de Bretton Wood. Les USA disposent par exemple de 17 % des voix dans le FMI (minorité de blocage 15 %) contre 4,3 % pour tous les pays d’Afrique et 4,9% pour la France.

Ø      Création d'un Conseil de sécurité économique ? Cette idée est développée dans un avis du Conseil Economique et Social français d’avril 2005 (cf site www.ces.fr) et par la CFTC.

Ø      Intégrer des clauses sociales dans les accords commerciaux de l'OMC sur les conditions de travail (travail des enfants – salaires minimum…), sans transformer ça en protectionnisme déguisé.

Ø      Donner un poids incontournable aux résolutions de l'OIT (exemple travail décent, travail des enfants…)

Un obstacle de taille parmi d'autre : le refus du camp libéral avec en tête les USA d’aller dans cette direction. Mais, étant eux-mêmes fortement touchés par les délocalisations, ces pays peuvent évoluer.

Ø      Implanter et développer le syndicalisme dans les pays émergents (CMT – CISL). Rappelons que JEAN PAULII a reconnu la légitimité des syndicats : CA 15 « En outre, la société et l'Etat doivent assurer des niveaux de salaire proportionnés à la subsistance du travailleur et de sa famille, ainsi qu'une certaine possibilité d'épargne. Cela requiert des efforts pour donner aux travailleurs des connaissances et des aptitudes toujours meilleures et susceptibles de rendre leur travail plus qualifié et plus productif ; mais cela requiert aussi une surveillance assidue et des mesures législatives appropriées pour couper court aux honteux phénomènes d'exploitation, surtout au détriment des travailleurs les plus démunis, des immigrés ou des marginaux. Dans ce domaine, le rôle des syndicats, qui négocient le salaire minimum et les conditions de travail, est déterminant. » A ce titre, la CFTC et la CMT s’impliquent dans la création et le développement du syndicalisme, particulièrement le syndicalisme d’inspiration chrétienne dans de nombreux pays d’Afrique, d’Amérique latine, d’Asie ou anciennement communistes.

Ø      Renforcer la coopération internationale

Ce renforcement est un préalable à toute évolution en profondeur.

§         S'attaquer aux paradis fiscaux, à la corruption

§         trouver de nouveaux financements pour l'aide aux pays

·        taxes ou prélèvements sur les échanges

·        Fonds éthiques (micro crédits…)

Ø      Faire évoluer la gouvernance des grands groupes mondiaux (rôle des actionnaires et actionnaires salariés), participation, etc…

Ø      Assurer un  développement durable, soucieux des hommes et de l’environnement

Ø      Rétablir des formes de souveraineté alimentaire ne serait-ce qu’en permettant le redéveloppement des cultures vivrières locales,

 

Faire évoluer les productions des pays les plus développés

 

Permettre aux pays émergents de produire et de s'industrialiser dans des conditions correctes.

Ø      Cela suppose une évolution des pays industriels vers des productions à plus haute valeur ajoutée,

Ø      Un développement de la recherche et développement avec une élévation du niveau de formation,

Ø      Un travail de reconversion des entreprises. Donc des aides à de nouvelles activités plutôt qu'au maintien d'activités non compétitives

 

L'ENGAGEMENT PERSONNEL

 

On peut être tenté de se sentir incapable de faire quelque chose, compte tenu de l’ampleur du problème et de se réfugier dans l’impuissance ou la fausse humilité.

Mais pourtant, bien des choses peuvent être faites :

Ø      Achats responsables (café, boissons, etc…) dans le cadre du commerce équitable

Ø      Placements éthiques (12% des actifs financiers aux USA, 1% en France) dans des fonds qui s’inscrivent dans une perspective de développement durable et respectueux de l’homme et de l’environnement. Ces fonds sont appelés à jouer un rôle de plus en plus grand.

Ø      Dans l’entreprise :

o       Pousser à la gestion éthique des fonds communs de placement de la participation et de l’intéressement

o       S’informer et intervenir sur les pratiques de l’entreprise concernant les achats, la sous-traitance ou les investissements. C’est un des rôles des comités d’entreprise qui doivent mondialiser leur approche dans les grands groupes internationaux (mondialiser l’action syndicale).

o       Pousser l’entreprise à assortir ses contrats à l’étranger de clauses sociales et éthiques dans le cadre du développement durable.

o       Réfléchir sur la « juste délocalisation » pour concilier l’emploi de qualité en France et le droit au développement des pays pauvres.

Ø      L’engagement personnel dans des démarches

o       S’intégrer dans des mouvements comme Fidesco, ACM, Caritas (Secours Catholique) …

o       Il est nécessaire de faire preuve de discernement : le marxisme a fait et continue de faire beaucoup de mal. Il fausse les plus belles aspirations à la justice et à la charité. L’alter mondialisme est tout à fait conforme à l’Evangile lorsqu’il s’agit de « mondialiser autrement », pas l’usage qui en est souvent fait. Ne pas se laisser instrumentaliser dans des mouvements qui proposent la lutte des classes ou la dialectique et le rapport de force comme moteur du progrès. A Seattle, à Porto Alegre, il y avait des chrétiens qui voulaient donner la parole aux pauvres, il y avait aussi des gens qui ne cherchaient pas à réformer mais à révolutionner (résistance de certains mouvements à la mise en place d’une économie solidaire).

Ø      Aider au développement du syndicalisme chrétien en France pour qu’il pèse plus sur la scène européenne et internationale comme le préconise JEAN PAULII :

CA26 « La première conséquence a été, dans certains pays, la rencontre entre l'Eglise et le Mouvement ouvrier né d'une réaction d'ordre éthique et explicitement chrétien, contre une situation générale d'injustice. Depuis un siècle environ, ce Mouvement était en partie tombé sous l'hégémonie du marxisme, dans la conviction que les prolétaires, pour lutter efficacement contre l'oppression, devaient faire leurs les théories matérialistes et économistes.

Dans la crise du marxisme resurgissent les formes spontanées de la conscience ouvrière qui exprime une demande de justice et de reconnaissance de la dignité du travail, conformément à la doctrine sociale de l'Eglise (57). Le Mouvement ouvrier devient un mouvement plus général des travailleurs et des hommes de bonne volonté pour la libération de la personne humaine et pour l'affirmation de ses droits ; il est répandu aujourd'hui dans de nombreux pays et, loin de s'opposer à l'Eglise catholique, il se tourne vers elle avec intérêt.

La crise du marxisme n'élimine pas du monde les situations d'injustice et d'oppression, que le marxisme lui même exploitait et dont il tirait sa force. A ceux qui, aujourd'hui, sont à la recherche d'une théorie et d'une pratique nouvelles et authentiques de libération, l'Eglise offre non seulement sa doctrine sociale et, d'une façon générale, son enseignement sur la personne, rachetée par le Christ, mais aussi son engagement et sa contribution pour combattre la marginalisation et la souffrance. »

o       Ceux qui croient peuvent prier à l’invitation de St Paul (« priez pour vos dirigeants »). Dans la prière, Dieu agit, Dieu purifie l’engagement. CA 26. « Les événements de 1989 se sont déroulés principalement dans les pays d'Europe orientale et centrale. Ils ont toutefois une portée universelle car il en est résulté des conséquences positives et négatives qui intéressent toute la famille humaine. Ces conséquences n'ont pas un caractère mécanique ou fatidique, mais sont comme des occasions offertes à la liberté humaine de collaborer avec le dessein miséricordieux de Dieu qui agit dans l'histoire. »

  

Michel COQUILLION

 

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