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Plan
I.
Quelques définitions
II.
Un état des lieux
a.
Dans les pays pauvres
b.
Dans les pays riches
III.
Quelques propositions
a.
Macroéconomiques
b.
Personnelles
Introduction
Depuis
la fin des « 30 trente glorieuses » dans les années 70, la
France et entrée dans une période durable d’alternances de
croissance modérée et de stagnation. Si le pays continue à être
riche, la pauvreté et le chômage gagnent.
Nous
vivons une époque où la foi dans un avenir meilleur que la
veille, a laissé place pour beaucoup à la peur, voire la
désespérance. Bien des parents ont le sentiment que leurs
enfants vivront moins bien qu’eux.
C’est
dans ce contexte que le pays doit faire face à deux défis de
taille : la construction de l’Europe et la mondialisation de
l’économie.
Le
développement de l’information conduit à voir des réalités
terribles : des enfants qui meurent de faim ou du sida ou vendu
par leur parents pour satisfaire les caprices et dérives
sexuels, des ouvriers réduit à une forme d’esclavage, des
paysans chassés de leur terre entassés à la périphérie de
grandes villes…
Nous
nous trouvons pris entre une légitime révolte de notre soif de
justice, la crainte de voir notre pays sombrer dans pauvreté
croissante et notre sentiment d’impuissance devant l’ampleur des
dégâts.
En tant
que chrétiens, nous ne pouvons pas rester indifférents ou nous
laisser conduire par notre seule émotion qui permettrait à des
idéologues de nous manipuler.
Les
questions se posent : Jusqu’où cela peut-il aller ? Y a-t-il une
espérance possible par rapport à la mondialisation ?
« N’ayez
pas peur », « Entrez dans espérance » disait Jean-Paul II nous
allons donc ensemble de réfléchir sur des éléments :
Þ
qui peuvent nous aider
à avoir une approche plus en vérité, éclairée par autre chose
que la peur,
Þ
qui ouvrent des pistes
de réflexion sur « que puis-je faire, à mon niveau ?»
Þ
qui nous aide à porter
un regard de justice («heureux ceux qui ont fin et soif de
justice. ») et d’espérance.
Auparavant, il me semble important de préciser le sens et la
portée de quelques mots clefs. L’usage ambigu de ces notions
conduisant parfois à travestir la vérité.
I - Quelques
définitions (sommaires)
Le
capitalisme :
Mode de
financement des entreprises privées. Il suppose la légitimité de
la propriété des biens de production – contraire au communisme
qui n’admet que la propriété collective - et une liberté de
créer une entreprise dans un marché libre où le profit permet un
développement économique et social.
Léon
XIII et JEAN PAULII mettent une limite importante à ce droit de
propriété : la destination universelle des biens qui veut que
l’appropriation des biens ne peut se faire par quelques uns au
détriment des plus pauvres.
L'échec
du communisme montre que l'économie d'état ne fonctionne pas,
celle de marché, la seule conforme à l'anthropologie humaine,
nécessite par contre des régulations.
Le
libéralisme :
Le mot
libéralisme désigne des approches très différentes avec aux
extrêmes :
v
la totale libre
concurrence sans règle qui voit dans cette concurrence le moteur
de l’évolution. Toute entrave à la liberté du marché, même de
nature sociale, est vue comme une faute contre « l’efficacité »,
v
la libre création
d’entreprise dans un marché où le rôle de l’offre et de la
demande est le moteur de l’économie. Des régulations sociales
(syndicales, législatives ou réglementaires …) permettent de
protéger le plus faible. l’Etat joue un rôle subsidiaire.
C’est
bien la première définition qui est rejetée par l’approche
chrétienne car l’affrontement ne produit pas en lui-même de
régulation. C’est le règne du «renard libre dans un poulailler
libre» (A DELEU).
Le
libéralisme peut également être une dérive totalitaire quand, au
travers de l’UNESCO ou des exigences qui conditionnent les
aides, il exige des pays l’adoption de mesures antifamiliales,
parfois mutilantes, contraires à la volonté des peuples, selon
un schéma libertaire qu’il veut imposer. C’est le cas, par
exemple, avec les stérilisations imposées aux femmes en Amérique
Latine (cf : le dernier numéro de « Il est vivant » ou Michel
SCHOOYENS « la dérive totalitaire du libéralisme ».
La
mondialisation ou globalisation
Dans le
langage français, la mondialisation désigne aussi bien la nature
mondiale des échanges économiques et culturels que
l’interdépendance des économies qualifiée de globalisation par
les anglophones.
La
mondialisation a commencé avec l’humanité :
- Les
grandes migrations auraient commencé avec l’homme dans la
préhistoire,
- Le
Christianisme s’est développé par les missions dans le monde
entier,
- Le
commerce mondial est très ancien (Marco Polo, phéniciens,
espagnoles…)
Il se
traduisait par des échanges économiques et religieux, mais
aussi des guerres de conquête.
La
mondialisation a toujours présenté plusieurs visages.
Depuis
la seconde guerre mondiale, la mondialisation a fortement
évolué.
En
consacrant le partage du monde entre le camp communiste et le
camp des alliers, les accords de YALTA ont créé les conditions
d’une dangereuse concurrence entre les deux mondes. Pour éviter
l’expansion du communisme, les Etats-Unis ont joué un rôle
déterminant dans le développement d’institutions sociales
(l’Organisation Internationale du travail et le BIT, la CISL)
ou financières (banque mondiale, FMI) visant à rendre
acceptables les conditions de vie du « monde libre ».
La
faillite du communisme, qui s’est traduite par la chute du mur
de Berlin, a réduit la menace de l’expansion du communisme. Le
libéralisme, sous toutes ses formes, ne rencontre plus
d’obstacle sérieux ne serait-ce qu’en terme de révolte des
peuples. Les USA réduisent de ce fait leurs efforts pour rendre
plus acceptable socialement les effets des inégalités.
La
globalisation se traduit par une accélération phénoménale des
échanges (économiques, financiers, culturels…). Internet et les
milliards d’informations échangées à chaque seconde, les sommes
colossales, souvent anonymes, qui transitent sur les réseaux
bancaires, l’ouverture des frontières aux échanges, tout cela
crée une interdépendance croissantes des Etats.
Or c’est
plutôt le libéralisme sous sa forme totalitaire qui tend à
s’imposer et avec lui de graves conséquences.
II
- Etat des lieux : voir la pauvreté à notre porte
La
pauvreté est là. Nous ne pouvons l’ignorer.
Une
injuste répartition des richesses
Quelques
pays consomment l’immense majorité des richesses et pillent la
planète.
Cela se
traduit par un gaspillage monstrueux d’énergie, de richesses
avec des effets très graves sur l’environnement (pollutions,
émissions gaz à effet de serre …)
Le
développement des pays riches ne contribue pas comme il le
pourrait à la création de richesses partagées, de savoirs mais à
la satisfaction de minorités.
Aspects de la pauvreté sont multiformes
Ø
L’enfant africain ou
nord coréen qui meure de faim,
Ø
La misère des familles
des favelas,
Ø
l’ouvrier qui trime
comme esclave dans une usine,
Ø
le paysan sans terre
Ø
les familles décimées
par le SIDA
Ø
….
On
pourrait s’étendre longuement sur un tableau dramatique.
Des
éléments d’un contexte très préoccupant
L’instabilité financière : qui s’est traduite par l’effondrement
du Mexique en 95, Thaïlande en 97
De
l’Indonésie, la Corée puis la Russie Brésil et plus récemment
l’Argentine – cela a très bien été décrit ici, à PARAY LE MONIAL
par Michel CAMDESSUS au forum du 1er mai 2002 dans
son intervention sur la mondialisation.
L’extrême volatilité des capitaux qui affaiblissent d’autant la
capacité politique des états avec des exigences de rentabilité
mortelles pour des économies faibles. Autre conséquence : la
marginalisation des pays les plus pauvres et sans ressources qui
s’enfoncent dans une pauvreté croissante.
Constitution de grands groupes mondiaux d’une puissance
supérieure à celle des états. Entreprises parfois prédatrices ou
au rôle ambiguës (Ex Nestlé)
Des
épidémies comme le sida se développent et sont prétexte à
exporter nos solutions, mais à refuser nos médicaments (c’est le
problème de la protection des brevets pharmaceutiques).
Des
guerres et tentions religieuses ou ethniques (l’Afrique pour 1/3
des pays – l’Asie) interdisent tout développement durable (Côte
d’Ivoire, Togo ces jours-ci). Ces tentions sont parfois
exploitées ou encouragées par les pays riches pour assoire leur
influence ou vendre des armes.
Notons
également l’appauvrissement des pays les plus pauvres par leur
exploitation, des aides inappropriées qui tuent les productions
locales, entraînant l’exode rural et déstabilisent gravement les
pays au niveau ne serait-ce que de l’autosuffisance alimentaire.
Le
développement très rapide de la chine, fondé sur un système
politico-économique totalitaire, déstabilise les échanges
mondiaux par la combinaison d’un dynamisme économique réel, du
pillage technologique des pays en pointe et de pratiques
sociales dramatiques. Des millions de salariés sont transformés
en esclaves dont la vie ne compte pour rien. Les pays développés
ne peuvent supporter une telle concurrence même en réduisant les
avantages sociaux.
Certains
pays ont bénéficié de délocalisations des pays les plus riches
comme le Maghreb, la Turquie …
Ils sont
maintenant victimes à leur tour de ces délocalisations.
La
mondialisation échappe aux pouvoirs démocratiques. Elle
constitue un processus qui entraîne la planète dans une aventure
aux risques multiples.
Proximité, interdépendance, concurrence sans frein, elle
contribue à la destruction d’équilibres économiques et humains
fragiles par l’exploitation effrénée des ressources et la mise
en péril de la planète.
La
communauté internationale réagit parfois, sous le coup des
émotions ou des intérêts de pays puissants, mais pas
nécessairement à bon escient :
Ø
aides internationales
qui sont systématiquement détournées et enrichissent les
dirigeants avec la complicité des pays riches et l’aide des
paradis fiscaux
Ø
Aide sans suite
(Somalie) qui s’étiole ou disparaît avec les caméras de
télévision,
Ø
Aides qui vont plutôt
aux « bon élèves » qu’aux pays les plus pauvres en imposant des
évolutions dangereuses (par exemple vers des productions
agricoles concurrencées (comme le soja) au lieu des productions
locales, pratiques déflationnistes brutales, fermeture
d’équipements collectifs pour imposer des économies dans les
dépenses publiques…).
Ø
Déstabilisation de
pays :
o
changement habitudes
alimentaires par l’aide : aggravation du manque d’auto
suffisance alimentaire (par exemple, la culture des haricots
rouges d’Amérique du sud a été abandonnée au profit du soja
provoquant un exode rural par le regroupement des terres et un
manque de nourriture à prix abordables pour les populations )
o
Paysans sans terre et
exode rural résultant de la concentration agricole nécessitée
par l’évolution vers des productions d’exportation
o
Les pratiques de
grands groupes visant à rendre les pays dépendants (exemple :
les semences OGM stérilisées qui doivent être achetées chaque
années).
Ø
Inégalités au-delà de
l’approche nord-sud, car elles se retrouvent à l’intérieur de la
plupart des pays,
Ø
Installation
d’industries polluantes, à faible valeur ajoutée. Salaires de
misère et conditions de travail extrêmement dures.
LA
PEUR
Face à
cela, dans le contexte précédemment décrit, nous constatons le
développement de la peur dans les pays les plus développés :
v
Peur pour l’emploi
(délocalisations, faillites …)
v
Prétexte à remise en
cause des statuts des salariés et des avantages sociaux au nom
de la compétitivité,
v
Disparition des
activités fortes consommatrices de main d’œuvre et à faible
valeur ajoutée
v
Menaces sur les
régimes sociaux
v
….
Devant
cette crainte, c’est tout le processus de la mondialisation qui
est remis en cause. Cela conduit à une tentation de repli sur
nos richesses et derrière nos frontières ou de fuite en avant
anarchiste.
Or, la
création d’industries et d’activités économiques est nécessaire
pour les pays émergents pauvres et pas seulement ceux qui ont
des ressources importantes.
Mais pas
à n’importe quel prix.
L’économie d’état a montré ses limites et les solutions qui
proposent de remettre en cause l’économie de marché n’ont pas de
sens car elles sont contraires à la vérité anthropologique de
l’homme. A contrario, l’absence de règles favorise le plus fort.
III Quelles réponses :
les pistes d’action
Le
protectionnisme
JEAN
PAUL II CA 33 §4 (CA : CENTESIMUS ANNUS)
« Il n’y a pas très
longtemps, on soutenait que le
développement supposait, pour les pays les plus pauvres, qu'ils
restent isolés du marché mondial et ne comptent que sur leurs
propres forces. L'expérience de ces dernières années a montré
que les pays qui se sont exclus des échanges généraux de
l'activité économique sur le plan international ont connu la
stagnation et la régression, et que le développement a bénéficié
aux pays qui ont réussi à y entrer. Il semble donc que le
problème essentiel soit d'obtenir un accès équitable au marché
international, fondé non sur le principe unilatéral de
l'exploitation des ressources naturelles, mais sur la
valorisation des ressources humaines (72). »
Le
marché libre est plus efficace que le protectionnisme, mais pas
à n’importe quelle prix.
On ne peut ramener l’homme
au rang de machine ou d’investissement comme un autre (CA34 : « Les
objectifs énoncés par Rerum Novarum pour éviter de ramener le
travail de l'homme et l'homme lui-même au rang d'une simple
marchandise gardent toute leur valeur dans le contexte du
Tiers-monde, et, dans certains cas, ils restent encore un but à
atteindre : un salaire suffisant pour faire vivre la famille,
des assurances sociales pour la vieillesse et le chômage, une
réglementation convenable des conditions de travail. »)
Le
« rôle pertinent du profit » demande un « contrôle par les
forces sociales et par l’Etat ». C’est le rôle reconnu des
syndicats. Donc créer des syndicats – avancer vers les règles de
l’OIT de la libre organisation des syndicats. Le rôle de la CMT
(confédération mondiale du travail – chrétienne) et de la CISL
s’en trouvent également confirmés.
L’Etat
doit également « garantir la satisfaction des besoins
fondamentaux de toute la société »
CA 35
« rompre les barrières et les monopoles »
Humaniser la mondialisation
Une
mauvaise solution serait de nous replier et à l'abri de nos
frontières sur nos richesses comme Lazare vivait sur ses
richesses sans même laisser les miettes aux pauvres.
Cette
solution serait même contre-productive car elle fait abstraction
de réalités incontournables : la France exporte et s'enrichit
grâce à la mondialisation.
Elle a
des atouts très importants comme la recherche et un savoir-faire
qui lui permette des productions compétitives et de haute
technologie.
On ne
peut à la fois vouloir que les pays achètent nos productions et
leur refuser de se solvabiliser en produisant eux-mêmes.
La
taxation
La
solution de taxation des échanges économiques ou de la
spéculation comme le propose par exemple la taxe TOBBIN pose des
problèmes importants et difficilement solubles
Ø
Cette taxe ne peut
être crée que dans le cadre d'une entente mondiale,
Ø
elle suppose une
coopération de tous les pays concernés,
Ø
elle suppose également
une transparence financière dans ces pays et que ceux-ci
maîtrise les flux financiers ce qui est loin d’être le cas par
exemple dans les PECO,
Ø
la disparition des
paradis fiscaux semble un préalable incontournable auquel les
pays riches ne sont pas prêts.
Ces
conditions ne sont actuellement pas réunies.
Faut-il,
comme le proposait J. CHIRAC, avancer vers une sorte de TVA
mondiale pour financer le développement ?
Combattre la mondialisation ?
Cela
reviendrait à remonter et le temps ou à écoper et la mer. Ce
serait même un changement de régime.
Il
serait injuste dans une optique chrétienne de nous replier sur
nos richesses.
On ne
peut interdire à un pays pauvre de s’industrialiser et la
richesse mondiale ne peut rester dans les mains de quelques
pays.
En
l'interdisant aux pays émergeant de produire on se fermerait des
marchés.
Cela
s'inscrit dans une approche malthusienne contre l'espérance et
contre la justice.
La
création de richesses nouvelles, si une juste part revient au
peuple, ouvre la porte à un progrès mondial.
Mondialiser autrement
Ø
Développer une
régulation mondiale qui s’appuie sur des règles sociales,
déontologiques et éthiques,
Ø
Sortir de la logique
uniquement financière du FMI avec des critères sociaux, une plus
grande transparence et l'assortiment de règles sociales aux
règles économiques. Donc sortir de la polarisation sur le
financier et la libre concurrence. Des aides allant plus aux
entreprises ou au peuple qu'aux états. C’est la critique des PAS
(plans d’ajustements structurels du FMI) qui échouent aux trois
quarts ainsi que 59% des projets de la banque mondiale qui ne
s’appuient pas sur les populations.
Ø
Représenter justement
les pays pauvres dans les organismes mondiaux de décision issus
de Bretton Wood. Les USA disposent par exemple de 17 % des voix
dans le FMI (minorité de blocage 15 %) contre 4,3 % pour tous
les pays d’Afrique et 4,9% pour la France.
Ø
Création d'un Conseil
de sécurité économique ? Cette idée est développée dans un avis
du Conseil Economique et Social français d’avril 2005 (cf site
www.ces.fr) et par la CFTC.
Ø
Intégrer des clauses
sociales dans les accords commerciaux de l'OMC sur les
conditions de travail (travail des enfants – salaires minimum…),
sans transformer ça en protectionnisme déguisé.
Ø
Donner un poids
incontournable aux résolutions de l'OIT (exemple travail décent,
travail des enfants…)
Un
obstacle de taille parmi d'autre : le refus du camp libéral avec
en tête les USA d’aller dans cette direction. Mais, étant
eux-mêmes fortement touchés par les délocalisations, ces pays
peuvent évoluer.
Ø
Implanter et
développer le syndicalisme dans les pays émergents (CMT – CISL).
Rappelons que JEAN PAULII a reconnu la légitimité des
syndicats : CA 15 « En outre, la société et l'Etat doivent
assurer des niveaux de salaire proportionnés à la subsistance du
travailleur et de sa famille, ainsi qu'une certaine possibilité
d'épargne. Cela requiert des efforts pour donner aux
travailleurs des connaissances et des aptitudes toujours
meilleures et susceptibles de rendre leur travail plus qualifié
et plus productif ; mais cela requiert aussi une surveillance
assidue et des mesures législatives appropriées pour couper
court aux honteux phénomènes d'exploitation, surtout au
détriment des travailleurs les plus démunis, des immigrés ou des
marginaux. Dans ce domaine, le rôle des syndicats, qui négocient
le salaire minimum et les conditions de travail, est
déterminant. » A ce titre, la CFTC et la CMT s’impliquent
dans la création et le développement du syndicalisme,
particulièrement le syndicalisme d’inspiration chrétienne dans
de nombreux pays d’Afrique, d’Amérique latine, d’Asie ou
anciennement communistes.
Ø
Renforcer la
coopération internationale
Ce
renforcement est un préalable à toute évolution en profondeur.
§
S'attaquer aux paradis
fiscaux, à la corruption
§
trouver de nouveaux
financements pour l'aide aux pays
·
taxes ou prélèvements
sur les échanges
·
Fonds éthiques (micro
crédits…)
Ø
Faire évoluer la
gouvernance des grands groupes mondiaux (rôle des actionnaires
et actionnaires salariés), participation, etc…
Ø
Assurer un
développement durable, soucieux des hommes et de
l’environnement
Ø
Rétablir des formes de
souveraineté alimentaire ne serait-ce qu’en permettant le
redéveloppement des cultures vivrières locales,
Faire
évoluer les productions des pays les plus développés
Permettre aux pays émergents de produire et de s'industrialiser
dans des conditions correctes.
Ø
Cela suppose une
évolution des pays industriels vers des productions à plus haute
valeur ajoutée,
Ø
Un développement de la
recherche et développement avec une élévation du niveau de
formation,
Ø
Un travail de
reconversion des entreprises. Donc des aides à de nouvelles
activités plutôt qu'au maintien d'activités non compétitives
L'ENGAGEMENT
PERSONNEL
On peut
être tenté de se sentir incapable de faire quelque chose, compte
tenu de l’ampleur du problème et de se réfugier dans
l’impuissance ou la fausse humilité.
Mais
pourtant, bien des choses peuvent être faites :
Ø
Achats responsables
(café, boissons, etc…) dans le cadre du commerce équitable
Ø
Placements
éthiques (12% des actifs financiers aux USA, 1% en France) dans
des fonds qui s’inscrivent dans une perspective de développement
durable et respectueux de l’homme et de l’environnement. Ces
fonds sont appelés à jouer un rôle de plus en plus grand.
Ø
Dans l’entreprise :
o
Pousser à la gestion
éthique des fonds communs de placement de la participation et de
l’intéressement
o
S’informer et
intervenir sur les pratiques de l’entreprise concernant les
achats, la sous-traitance ou les investissements. C’est un des
rôles des comités d’entreprise qui doivent mondialiser leur
approche dans les grands groupes internationaux (mondialiser
l’action syndicale).
o
Pousser l’entreprise à
assortir ses contrats à l’étranger de clauses sociales et
éthiques dans le cadre du développement durable.
o
Réfléchir sur la
« juste délocalisation » pour concilier l’emploi de qualité en
France et le droit au développement des pays pauvres.
Ø
L’engagement personnel
dans des démarches
o
S’intégrer dans des
mouvements comme Fidesco, ACM, Caritas (Secours Catholique) …
o
Il est nécessaire de
faire preuve de discernement : le marxisme a fait et continue de
faire beaucoup de mal. Il fausse les plus belles aspirations à
la justice et à la charité. L’alter mondialisme est tout à fait
conforme à l’Evangile lorsqu’il s’agit de « mondialiser
autrement », pas l’usage qui en est souvent fait. Ne pas se
laisser instrumentaliser dans des mouvements qui proposent la
lutte des classes ou la dialectique et le rapport de force comme
moteur du progrès. A Seattle, à Porto Alegre, il y avait des
chrétiens qui voulaient donner la parole aux pauvres, il y avait
aussi des gens qui ne cherchaient pas à réformer mais à
révolutionner (résistance de certains mouvements à la mise en
place d’une économie solidaire).
Ø
Aider au développement
du syndicalisme chrétien en France pour qu’il pèse plus sur la
scène européenne et internationale comme le préconise JEAN
PAULII :
CA26 « La
première conséquence a été, dans certains pays, la rencontre
entre l'Eglise et le Mouvement ouvrier né d'une réaction d'ordre
éthique et explicitement chrétien, contre une situation générale
d'injustice. Depuis un siècle environ, ce Mouvement était en
partie tombé sous l'hégémonie du marxisme, dans la conviction
que les prolétaires, pour lutter efficacement contre
l'oppression, devaient faire leurs les théories matérialistes et
économistes.
Dans la
crise du marxisme resurgissent les formes spontanées de la
conscience ouvrière qui exprime une demande de justice et de
reconnaissance de la dignité du travail, conformément à la
doctrine sociale de l'Eglise (57). Le Mouvement ouvrier devient
un mouvement plus général des travailleurs et des hommes de
bonne volonté pour la libération de la personne humaine et pour
l'affirmation de ses droits ; il est répandu aujourd'hui dans de
nombreux pays et, loin de s'opposer à l'Eglise catholique, il se
tourne vers elle avec intérêt.
La crise
du marxisme n'élimine pas du monde les situations d'injustice et
d'oppression, que le marxisme lui même exploitait et dont il
tirait sa force. A ceux qui, aujourd'hui, sont à la recherche
d'une théorie et d'une pratique nouvelles et authentiques de
libération, l'Eglise offre non seulement sa doctrine sociale et,
d'une façon générale, son enseignement sur la personne, rachetée
par le Christ, mais aussi son engagement et sa contribution pour
combattre la marginalisation et la souffrance. »
o
Ceux qui croient
peuvent prier à l’invitation de St Paul (« priez pour vos
dirigeants »). Dans la prière, Dieu agit, Dieu purifie
l’engagement. CA 26. « Les événements de 1989 se sont
déroulés principalement dans les pays d'Europe orientale et
centrale. Ils ont toutefois une portée universelle car il en est
résulté des conséquences positives et négatives qui intéressent
toute la famille humaine. Ces conséquences n'ont pas un
caractère mécanique ou fatidique, mais sont comme des occasions
offertes à la liberté humaine de collaborer avec le dessein
miséricordieux de Dieu qui agit dans l'histoire. »
Michel COQUILLION |