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Unité de vie et choix professionnelspar Marguerite CHEVREUL |
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L’unité de notre vie : nous en rêvons tous et nous avons l’impression que ce n’est qu’un rêve inatteignable… De plus, nous croyons souvent que toute vie professionnelle est forcément en opposition avec cette unité que nous souhaitons.
Nous pensons aussi parfois qu’en matière professionnelle, il vaut mieux aujourd’hui ne plus faire de choix, mais seulement accepter le moins mauvais choix. Nous ne pouvons plus parler de carrière alors qu’il n’est question que de l’instabilité et de la précarité de la vie professionnelle. Et pourtant, pour développer notre « employabilité », le mot à la mode, nous devons avoir un projet professionnel, et donc il est plus que jamais essentiel de faire des choix, et de bons choix.
Ce projet professionnel, nous pouvons faire en sorte qu’il rejoigne notre projet de vie et contribue ainsi à l’unité de notre vie. Comment faire cela ? - En cherchant le sens de notre vie pour lui donner son unité, - Par des critères de choix correspondant à notre projet de vie, - En adaptant nos choix selon les moments de notre vie.
1° C’est le sens QUI donne l’unite à notre vie
Nous séparons nos activités en deux sphères avec parfois des cloisons étanches, sans même parler de notre vie spirituelle que nous oublions souvent. En conséquence, nous sommes parfois tiraillés ou écartelés avec des attitudes et des comportements différents dans les deux domaines. On oppose en général ces deux vies, et on constate souvent que l’une prend le pas sur l’autre.
Soit nous jugeons que l’important c’est notre vie personnelle, et que notre vie professionnelle est au service de cette vie personnelle, et alors nous voyons notre travail comme alimentaire, un pis aller. Et donc il ne faudrait surtout pas trop s’y investir, faire le minimum, surtout ne pas accepter de responsabilités, et enfouir nos talents. Cela peut venir d’une mauvaise vision du travail, considéré comme une punition divine. Soit nous choisissons de privilégier notre vie professionnelle et alors notre travail peut devenir une idole ou un piège.
Or nous sommes une seule personne dans tous les aspects de notre vie, travail, vie personnelle, familiale, sociale, et bien sûr vie spirituelle. Les conséquences de cette division sont graves pour nous-mêmes, stress ou dépression jusqu’au burn out, sentiment d’être malheureux, de passer à côté de notre vie. Il y a aussi souvent des répercussions pour notre entourage, collègues, famille, enfants…C’est pourquoi on ne peut pas raisonner en terme de choix professionnel ou de projet professionnel sans l’inclure dans son projet de vie global.
· Notre vocation donne le sens et l’unité de notre vie
C’est le sens qui nous permet de vivre pleinement notre vie en en connaissant le pour quoi en deux mots.
Viktor Frankl, psychiatre et philosophe, est le fondateur de la logothérapie ou thérapie par le sens, fondée sur son expérience des camps de concentration : ceux qui ont survécu sont ceux qui avaient un sens à leur vie (métier, famille, idéal, Dieu…). Elève de Freud, il s’en est détaché en remarquant que ce ne sont pas la tendance au plaisir ou la volonté de puissance qui habitent seulement l’inconscient de l’homme, mais la recherche du sens. Ce sens est donné par la mission personnelle de chacun. Quelques citations de son ouvrage Découvrir un sens à sa vie : « Notre mission donne ainsi le sens de notre vie ». « Chacun a pour mission de mener à bien une tâche concrète unique et donc il ne peut être remplacé, de même que sa vie ne peut pas être reproduite. La vocation de chacun est donc unique tout comme sa façon de la réaliser. »
Pour faire l’unité de notre vie, il nous faut donc reconnaître cette vocation personnelle. En effet, Dieu donne à chacun une mission unique et personnelle qui traduit la forme de fécondité spécifique à laquelle il est appelé. Cette mission exprime son plan d’amour sur nous quand il nous a créés unique et à son image, avec nos talents particuliers.
Citons le Père Bernard Peyrous dans L’itinéraire de la vie spirituelle : « Chaque être humain a une mission particulière. Un être humain n’avance bien dans la vie que s’il sait qui il est, ce qu’il peut faire, et surtout ce qu’il veut faire. En d’autres termes, s’il connaît sa mission personnelle. Au cœur de chaque être, dans le « moi profond », il y a comme une lumière intime qui nous éclaire sur ce que nous sommes et ce que nous sommes appelés à faire ». « C’est une sorte d’appel intérieur qui demandera de nous, si nous y répondons, un engagement total. Si nous n’y répondons pas, nous aurons toujours le sentiment obscur d’avoir raté notre vie ».
Cette mission n’est pas pour nous-même mais en vue du bien commun. Aristote le disait déjà : « Là où vos talents et les besoins du monde se rencontrent, se trouve votre vocation »
Cette mission est permanente et constitue le fil rouge de notre vie. Elle se précise au fur et à mesure, se concrétise peu à peu dans notre existence, à travers nos choix d’études, de profession, de vie. Elle se déploie tout au cours de la vie et peut prendre différentes formes en fonction des moments de notre existence, voire prendre des aspects très différents en fonction des évolutions possibles, des opportunités et des circonstances.
2° LES CRITERES POUR QUE NOS CHOIX PROFESSIONNELS rejoignent notre projet de vie
Cette mission va se concrétiser dans nos choix professionnels et déterminer notre projet de vie… Et le sens que nous donnons à notre vie peut éclairer nos choix. Alors quels critères précis utiliser ?
· Critères éthiques et moraux
Les critères les plus évidents sont bien sûr tous ceux qui nous permettent de garder en adéquation notre vie professionnelle par rapport à nos valeurs et nos idéaux. C’est fondamental de vivre dans la cohérence et notamment celle de nos choix éthiques, moraux et spirituels.
Mais ce n’est parfois pas si évident. On peut travailler dans une entreprise qui va clairement à l’encontre de nos idéaux par les produits qu’elle vend ou promeut (matériel pornographique, drogue, etc.). On peut aussi être employé dans un hôpital qui pratique l’euthanasie… Que faire ? Il peut être parfois utile de rester, cela peut être notre mission (Ex de l’aumônier allemand dans les prisons pendant la guerre qui réconfortait les résistants). Il peut y avoir aussi des éléments assez subtils dans l’ambiance de travail ou dans la culture d’entreprise contraires à nos valeurs. Cela peut venir des méthodes utilisées (cas des secteurs économiques où la corruption était la règle pour obtenir un contrat). Cela peut être aussi des relations professionnelles injustes (harcèlement, gestion du personnel non respectueuse de la dignité humaine), mais aussi plus sournoisement, une atmosphère délétère.
On peut penser être assez fort pour y résister, se durcir. Et puis constater qu’on est atteint par l’ambiance, que cela nous mine, jusqu’à la dépression pour certains…Ou bien plus grave encore que cela nous contamine…Demandons au Seigneur la lucidité sur les situations dans lesquelles nous sommes : que devons-nous supporter ou accepter ?
· Critères d’équilibre personnel
Nous avons chacun un rythme de vie particulier, une capacité à travailler plus ou moins durement, un besoin de sommeil spécifique etc. Nous devons donc tenir compte de tous nos besoins personnels. Nos besoins physiologiques sont très différents d’une personne à l’autre (Napoléon ne dormait que 4 heures par nuit). Notre endurance est variable de même que notre résistance au stress. Nos besoins relationnels ne seront pas les mêmes selon que nous soyons extravertis ou introvertis. Certains sont plutôt mono tâches et vont se concentrer facilement longtemps sur une seule activité, d’autres au contraire ont besoin de mener de front diverses activités et de zapper de l’une à l’autre. Tous les aspects de notre personnalité sont à prendre en compte dans nos choix, ainsi que nos besoins d’ouverture intellectuelle ou culturelle, de sport, de loisirs….
A nous de nous connaître en profondeur et en vérité pour savoir quel environnement et quel type d’activité nous conviennent, quelle est notre capacité de récupération, quels sont nos besoins d’action, de stimulus intellectuel, etc. · Critères d’équilibre social ou familial
Nous devons aussi tenir compte des besoins de ceux qui nous entourent, notamment de notre devoir d’état vis à vis de nos enfants si nous sommes parents, des attentes de notre conjoint si nous sommes mariés.
Ce sont des choix à faire en couple pour déterminer comment se gère globalement la vie professionnelle dans l’intérêt de la famille. Mais ces choix doivent aussi en même temps respecter la vocation de chacun des membres du couple. Il n’y a pas de réponse générale valable pour toutes les familles. On peut avoir à se sacrifier temporairement pour la famille, mais certainement pas toujours, et pas toujours le même en éteignant ses propres talents…
Pour les célibataires, le critère à considérer est celui de l’équilibre social et relationnel. Attention à ne pas se laisser emprisonner par son boulot ou au contraire si réfugier… Ne pas non plus au contraire refuser de s’y investir, comme certaines femmes dans l’attente du mari qui subviendra à leurs besoins. Attention aussi à ne pas se laisser dévorer injustement par les problèmes des parents âges ou des neveux, au détriment de son propre projet de vie….
· Critère de fécondité
Le critère le plus fondamental est celui de l’utilisation de nos talents, de la réalisation de notre vocation personnelle. On doit s’épanouir et porter du fruit, si on n’utilise pas ses talents, on est malheureux.
Comment connaître ses talents ? C’est possible via un bilan professionnel (cf. Fongecif ou DIF). Une méthode simple existe : trouver une vingtaine d’exemple de réalisations significatives, actions que j’ai réalisées avec plaisir dans le domaine personnel et professionnel, et constater que cela montre toujours les mêmes qualités et compétences. Une autre méthode à y ajouter : chercher ce que les autres pensent de moi, pourquoi on me demande toujours telle et telle chose
Utilisons-nous nos talents dans notre vie professionnelle ? Si oui, on est capable de beaucoup supporter et de se sentir heureux. Sinon, on subit uniquement son travail. On peut en déprimer, ne plus supporter la pression, craquer, ou faire craquer son entourage. Dans ce cas, la seule solution est d’utiliser ses talents ailleurs, auprès de sa famille, dans la vie sociale, des loisirs, etc.
Ce critère rejoint la connaissance de votre vocation personnelle. Si vous êtes dans le fil rouge de votre vie, vous saurez aussi en accepter les contraintes. Car il y a toujours des contraintes. Les talents ne sont pas toujours si faciles à utiliser. Même la réalisation d’une vocation personnelle peut se heurter à des difficultés. La Croix existe dans nos vies… et nous le savons tous dans notre travail…
Il peut y avoir des choix fondamentaux à faire. Il faut accepter le revers de la médaille et savoir si on est prêt à le faire. Par exemple accepter des contraintes en disponibilité mais un travail passionnant, et donc choisir entre l’intérêt du travail et le temps qu’on est prêt à lui consacrer. Ou alors peu d’évolution possible, un salaire peu élevé mais un travail passionnant. Ou bien encore un travail « cool », peu intéressant, mais laissant beaucoup de temps pour d’autres activités qui nous sont essentielles…
Il nous faut à chaque fois raisonner de façon très profonde entre ce qui est important et ce qui est essentiel pour nous. Notre réponse à chacun sera différente, fonction de ce que nous sommes et non de ce que nous faisons, fonction du plan de Dieu sur nous tel que nous le reconnaissons. Ainsi nos choix pourront être congruents, alignés, par rapport au sens que nous donnons à notre vie. Ils seront aussi fonction du moment et de la réalité que nous traversons. Il y a des choix temporaires à accepter avec un plan d’action à moyen et long terme, et des étapes à envisager vers notre emploi idéal et possible.
· En synthèse, 5 dimensions sont à étudier dans nos choix professionnels
Selon notre personnalité, notre histoire, nos attentes, nous privilégions chacun toujours deux ou trois pôles. On est très rarement pleinement satisfait sur ces cinq dimensions. Nous devons donc réfléchir à celles qui sont importantes et essentielles pour nous. Nous pourrons alors les prendre en compte dans notre orientation et/ou vérifier si, dans notre travail actuel, nous sommes en cohérence avec notre projet de vie global : sur le plan personnel et familial de notre équilibre de vie et sur l’aspect spirituel de nos valeurs profondes et du sens de notre vie.
3° L’ADAPTATION DES CHOIX professionnels DANS LE COURS DE LA VIE
Nos choix prennent aussi des aspects très différents selon la période de vie dans laquelle nous nous trouvons. Notre chemin à chacun est unique mais il y a de grandes étapes que nous traversons tous.
· 0 à 25 ans
C’est le temps de la formation. On est plus dans les projets de nos parents des autres que dans nos propres projets. Notamment, on choisit rarement notre formation de façon autonome, on est influencé par nos parents, nos professeurs, des modèles extérieurs. L’idéal serait pourtant que ce choix des études soit fait en fonction de nos talents et de nos aspirations... Et que nous prenions vraiment le temps de la réflexion et de l’information. On peut se faire conseiller par des organismes spécialisés.
· 25 à 35 ans
C’est le moment où on acquiert son autonomie, financière et sociale. Ce besoin d’autonomie prime souvent sur la réflexion pour un choix parfaitement rationnel.
Le premier emploi de ce fait n’est pas toujours le mieux choisi. Il dépend souvent des opportunités d’emploi. On passe par des petits boulots, les CDD, les stages… Mais on apprend sur ce chemin qui nous permet de confronter notre vision d’un métier rêvé avec sa réalité, de voir notamment si cela convient à nos besoins en terme de rythme de vie. On teste également nos capacités de résistance personnelles. Cela permet de réajuster un premier projet professionnel, voire d’en changer, et d’acquérir aussi peu à peu les compétences nécessaires.
C’est une période passionnante de découverte et de liberté qui comporte des risques : éparpillement, opportunisme et non réflexion, être piégé par le boulot, la réussite, l’argent, au détriment de son projet de vie notamment. A cela s’ajoutent aujourd’hui des difficultés conjoncturelles fortes pour les jeunes en raison de la précarité de l’emploi. Cela peut entraîner la nécessité d’accepter des contraintes difficiles, notamment en terme de disponibilité ou de mobilité, ou d’intérêt du travail.
Pour les femmes, cette tranche de vie peut être celle de choix cornéliens entre les enfants et le métier. Certaines vont avoir tendance à reporter leur désir de maternité ou au contraire d’autres vont arrêter de travailler pour s’occuper de leurs enfants. Ces choix sont très personnels et intimes. L’important c’est d’être consciente et heureuse de son choix, des sacrifices faits de part et d’autre, notamment par rapport à ses talents. Dans ce cas, ce sera essentiel de trouver ailleurs une possibilité de les utiliser (loisirs, bénévolat, etc.).
Pendant ces débuts dans la vie professionnelle, il est fondamental de bâtir son projet et de ne pas le subir, d’être acteur et auteur de sa vie et non spectateur ou jouet des circonstances (cf. une récente étude sur la chance : ceux qui ont de la chance sont ceux qui ont le talent de saisir les opportunités).
· 35 à 50 ans
C’est le moment où on prend des responsabilités dans vie professionnelle et où on réalise aussi pleinement son projet personnel, la vie de famille, l’éducation des enfants. On se trouve confronté à la réalité, avec les conséquences de tous nos choix de l’époque précédente, tant sur le plan professionnel que personnel.
Pour certains, c’est une période de succès sur tous les plans, pour d’autres une période d’échecs, pour beaucoup un mélange des deux. C’est le moment où on peut commencer à regretter ses choix, ne pas aimer sa vie, devenir amer. C’est aussi un temps crucial pour se poser des questions sur son projet de vie et son projet professionnel, avec des changements d’orientation pour certains…
· Crise du milieu de la vie
En effet survient alors la crise dite « du milieu de la vie ». On remet tout en question. On a l’impression d’être passé à côté de sa vie. Certains bazardent tout, partent au bout du monde, quittent leur conjoint, changent de métier. D’autres sombrent dans la dépression en ne voyant plus de sens à leur vie.
On peut vivre ce temps de crise de 3 façons : dans la résignation et l’abattement, dans la fuite vers le jeunisme, ou dans la découverte d’un nouveau sens.
· Après 50 ans
C’est cela qui permet de passer à un temps d’accomplissement, même si cette période paraît celle où tout est joué, où on est sur la pente descendante sur le plan physique. C’est aussi une période particulière sur le plan personnel avec le départ des enfants de la maison, qui peut entraîner une remise en cause des couples. C’est le moment où on confronté à des deuils : on perd ses parents ou on doit s’occuper d’eux. Sur le plan professionnel, on est devenu un « senior »: soit on est au top, soit on n’y sera jamais.
Les perspectives sont donc différentes. On n’accepte plus n’importe quoi. Le travail n’est plus une finalité, ni l’accumulation des biens. Les enfants sont élevés, ils ont leurs propres plans. On ne veut plus réussir dans la vie mais réussir sa vie.
De nouvelles formes de fécondité sont à découvrir. Certains talents se développent sur le tard, notamment ceux qu’on a été obligé de laisser de côté pour des raisons économiques ou familiales.
· Les mauvais choix et les échecs
Quand on regarde notre histoire de vie, on éprouve souvent des regrets, notamment face aux échecs que nous avons rencontrés. Cela peut nous conduire à penser que nous avons fait de mauvais choix. Cependant pour la majorité d’entre nous nos choix n’ont pas été mauvais, c’étaient même sans doute les meilleurs compte tenus des circonstances ou des informations que nous avions. Mais ces choix que nous regrettons, nous nous en culpabilisons, et nous ressassons nos échecs. Cela nous rend encore plus conscients de nos insuffisances, des qualités que nous n’avons pas eues ou pas su acquérir, de nos fautes réelles ou supposées, et aussi de nos péchés, même si nous les regrettons. Cela peut nous accabler au point de nous paralyser.
Quelle attitude face à cela ?
Nietzsche : « tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort ». Ste Thérèse de Lisieux. « Tout est grâce ».
Demandons à Dieu de nous aider à changer de regard sur nous-mêmes. « On ne peut s’accepter soi même pleinement que sous le regard de Dieu » dit le Père Jacques Philippe dans La liberté Intérieure (Editions des Béatitudes).
Ces échecs nous donnent la mesure de nous-mêmes, de notre volonté de rebondir, de notre capacité à utiliser jusqu’au bout nos talents, de notre détermination à accomplir nos projets... Ils nous éprouvent comme l’or est éprouvé par le feu. Ils nous apprennent beaucoup sur nous mêmes. Ils nous font parfois percevoir des forces que nous n’imaginions pas avoir ou nous ouvrent des voies que nous n’avions pas prévues.
Roger Schutz le disait dans un message aux jeunes à Taizé en 2003 : « C’est parfois dans les situations exigeantes que l’être humain devient pleinement soi-même. Même suivre des chemins d’obscurité, loin de nous affaiblir, peut nous construire intérieurement. Ce qui nous parle c’est d’aller de découverte en découverte. Accueillir le jour qui vient comme un aujourd’hui de Dieu. Chercher en tout la paix du cœur. Et la vie devient belle… et la vie sera belle. »
Tout cela permet la purification de nos talents et de nos projets indispensables pour qu’ils portent du fruit et se réalisent. Comme le dit la parabole du grain de blé : « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul. S’il meurt il donne beaucoup de fruit. »
Notre projet de vie est à remettre à Dieu pour qu’il le travaille selon son plan. Ainsi on se laisse émonder comme dans la parabole de la vigne (Jean 15) « Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l’enlève ; tout sarment qui donne du fruit, il le nettoie pour qu’ll en donne davantage » Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là donne beaucoup de fruit, car en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. » C’est donc en « demeurant en Dieu », que nos projets porteront du fruit. Dans l’adoration, nous pouvons présenter au Seigneur nos choix professionnels, confiants dans son plan d’amour pour chacun d’entre nous. Comme l’a dit Benoit XVI lors de sa première homélie en avril 2005 : « Chacun de nous est le fruit d’une pensée de Dieu. Chacun de nous est voulu. Chacun de nous est aimé. Chacun de nous est nécessaire ».
Et enfin, une citation de Carlo Caretto à méditer pour tous nos choix de vie : « Rappelez-vous que tout au monde est problème, sauf une chose : l’amour. Je répète les paroles de Saint Augustin : « Aime et fais ce que tu voudras. » Ne te préoccupe pas mon frère de ce que tu fais, préoccupe-toi d’aimer. N’importune plus le Ciel de ton inutile « Quelle est ma route ? » Mais applique-toi à aimer. »
Bibliographie
Simone Pacot L’évangélisation des profondeurs et Ose la vie nouvelle Cerf
Viktor E Frankl Découvrir un sens à sa vie Les éditions de l’homme
Jean Monbourquette A chacun sa mission Bayard
Bernard Peyrous L’itinéraire de la vie spirituelle Editions de l’Emmanuel
Jacques Philippe La liberté intérieure Editions des Béatitudes
APEC Méthode Declic (pour conduire votre projet professionnel) Editions d’Organisation
Vincent Lenhardt Responsables porteurs de sens
Anselm Grün La crise du milieu de la vie Mediaspaul
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