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Les pauvres dans nos agendas |
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"Nous savons que Jésus prend la figure du pauvre ... nous savons que Jésus attend que nous l'aimions dans la figure du pauvre ... nous savons que la misère touche trop d'hommes et de femmes ... mais happés par la vie, par omission, par crainte, nous l'oublions, nous ne savons pas comment faire ... alors comment nous rendre présent au pauvre dans notre quotidien : emploi du temps, porte-monnaie, prière, ..."
Ne pas oublier LazareMais aujourd'hui, étant donné la dimension mondiale qu'a prise la question sociale(76), cet amour préférentiel, de même que les décisions qu'il nous inspire, ne peut pas ne pas embrasser les multitudes immenses des affamés, des mendiants, des sans-abri, des personnes sans assistance médicale et, par-dessus tout, sans espérance d'un avenir meilleur: on ne peut pas ne pas prendre acte de l'existence de ces réalités. Les ignorer reviendrait à s'identifier au «riche bon vivant» qui feignait de ne pas connaître Lazare le mendiant qui gisait près de son portail (cf. Lc 16, 19-31)(77). SRS 42
Il ne faut pas ratatiner la miséricorde à la misère économiqueEt il ne faudra pas négliger, dans l'engagement pour les pauvres, la forme spéciale de pauvreté qu'est la privation des droits fondamentaux de la personne, en particulier du droit à la liberté religieuse, et, par ailleurs, du droit à l'initiative économique. SRS 42
"Il ne faut pas ratatiner la miséricorde à la mode du jour. Il ne faut pas que la prise de conscience du malheur économique des masses nous entraîne à mépriser d'autres formes du malheur, à nous désintéresser d'elles. La miséricorde du Christ pour les pauvres s'insère dans une miséricorde aussi vaste que tous les malheurs humains. Elle est la miséricorde aux pécheurs, miséricorde aux malades, miséricorde à ceux qui pleurent les morts, miséricorde aux captifs, miséricorde à tout ce qui est petit. "A cause d'une notion dématérialisée de la pauvreté, on risque bien souvent d'oublier qu'il y a d'autres pauvres que les économiquement pauvres, d'autres petits que les prolétaires. Il y a les infirmes moraux ou psychologiques. Il y a les pauvres de dons, d'attrait, d'amour. A côté des classes opprimées, il y a les "inclassables"." Nous autres, gens des rues, Eglise et mission, Madeleine Delbrel, p 121 – Editions du Seuil – Livre de vie
Parce que le Christ est le pauvre ; la préférence pour le pauvre nous apprend donc à construire notre relation au Christ, et à l'aimerCEC 544 : Jésus partage la vie des pauvres, de la crèche à la Croix ; Il connaît la faim, la soif et le dénuement. Plus encore : Il s'identifie aux pauvres de toutes sortes et fait de l'amour actif envers eux la condition de l'entrée dans son Royaume. (cf Matthieu 25)
Dans la relation aux pauvres, je suis nu et pauvre comme face à Dieu : La rencontre de mon frère pauvre me simplifie et me permet de rencontrer le Christ pauvre, vulnérable … et d'être renouvelé dans mon quotidien
Je n'oublierai jamais une jeune Française qui était venue à Calcutta et qui paraissait très préoccupée. Elle travaillait dans notre foyer pour les mourants. Dix jours après son arrivée, elle vient me voir et me dit en m'embrassant : "J'ai trouvé Jésus ! – Où avez-vous trouvé jésus ? lui ai-je demandé. – Dans le foyer des mourants. – Et qu'avez-vous fait avec jésus lorsque vous l'avez trouvé ? – Je me suis confessée et j'ai communié, pour la première fois depuis 15 ans ! – Qu'avez-vous fait d'autre avec Jésus ? – J'ai envoyé un télégramme à mes parents, disant : "J'ai trouvé Jésus !" Alors je lui ai dit : " faites vos bagages et rentrez donner l'amour, la joie et la paix à vos parents." Elle était rayonnante quand elle est retournée chez elle, son cœur était libéré. Mère Teresa ( Petit guide Carême 2004; Il est vivant)
Le Christ s'est donné comme priorité de "porter la bonne nouvelle aux pauvres", "annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer en liberté les opprimés"
3. C'est pourquoi
dans le Nouveau Testament, on annonce aux pauvres l'heureux message de
la libération, comme Jésus lui-même le souligne, en appliquant à sa
personne la prophétie du Livre d'Isaïe: "L'Esprit du Seigneur est sur
moi, parce qu'il m'a consacré par l'onction, pour porter la bonne
nouvelle aux pauvres. Il m'a envoyé annoncer aux captifs la délivrance
et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer en liberté les opprimés,
proclamer une année de grâce du Seigneur" (Lc
4, 18; cf.
Is 61, 1-2).
Servir le pauvre fait partie de la condition de chrétien : l'indifférence aux pauvres est indigne du chrétien qui communie au corps du Christ – car le Christ est présent dans le pauvre comme dans le pain consacré à la messe
Et que dire des mille contradictions d'un univers « mondialisé » où les plus faibles, les plus petits et les plus pauvres semblent avoir bien peu à espérer? C'est dans ce monde que doit jaillir de nouveau l'espérance chrétienne! C'est aussi pour cela que le Seigneur a voulu demeurer avec nous dans l'Eucharistie, en inscrivant dans la présence de son sacrifice et de son repas la promesse d'une humanité renouvelée par son amour. De manière significative, là où les Évangiles synoptiques racontent l'institution de l'Eucharistie, l'Évangile de Jean propose, en illustrant ainsi le sens profond, le récit du « lavement des pieds », par lequel Jésus se fait maître de la communion et du service (cf. Jn 13, 1-20). De son côté, l'Apôtre Paul déclare « indigne » d'une communauté chrétienne la participation à la Cène du Seigneur dans un contexte de divisions et d'indifférence envers les pauvres (cf. 1 Co 11, 17-22. 27-34).(34) Proclamer la mort du Seigneur « jusqu'à ce qu'il vienne » (1 Co 11, 26) implique, pour ceux qui participent à l'Eucharistie, l'engagement de transformer la vie, pour qu'elle devienne, d'une certaine façon, totalement « eucharistique ». Ecclesia de Eucharistia (34, 35)
Pier Georgio Frassati : Son engagement social, au travers des conférences St Vincent de Paul, trouvait auprès des pauvres son déploiement le plus pur. Il les visitait de longues heures durant, dans les quartiers défavorisés de Turin : leur donnant ses propres biens, les aimant avec tendresse et leur consacrant le meilleur de son énergie... « Autour des malades, autour des malheureux, je vois une lumière que nous n’avons pas » . « Jésus me rend visite chaque jour par la communion, et moi je la Lui rends modestement en visitant ses pauvres ».
En conclusion : la justice a des limites; la charité n'en connaît pas.
"L'ordre de la
Société repose sur deux vertus: justice et charité. Mais la justice
suppose déjà beaucoup d'amour; car il faut beaucoup aimer l'homme pour
respecter son droit qui borne notre droit et sa liberté qui gêne notre
liberté.
1 A l'heure de la prière de l'après-midi, Pierre et Jean montaient au Temple. Pierre et Jean sont dans leur "train-train" quotidien.
2 On y amenait justement un homme qui était infirme depuis sa naissance ; on l'installait chaque jour au Temple, à la "Belle Porte" pour demander l'aumône à ceux qui entraient. Un autre homme, infirme, et ceux qui l'amènent, eux aussi dans son train-train quotidien.
3 Voyant Pierre et Jean qui allaient pénétrer dans le Temple, il leur demanda l'aumône. – Accepter d'être dérangé ? Accepter la rencontre ? … et voilà 2 train-trains quotidiens qui se rencontrent. L'informe propose cette rupture. Pierre et Jean vont-ils accepter cette rupture ? vont-ils accepter cette rencontre ?
ð la même question nous est posée : allons-nous accepter cette irruption dans notre train-train quotidien ? dans tout ce que nous avons d'important à faire ? allons-nous accepter cette rencontre ? allons-nous remettre cette rencontre au lendemain ? (cf témoignage de Patrick J, cadre dirigeant à la retraite, qui témoigne qu'il a attendu la retraite pour s'arrêter auprès de celui qui tend la main dans la rue … et que le jour où il s'est arrêté, il s'est aperçu qu'il avait perdu beaucoup de temps, et que ses occupations professionnelles n'étaient que prétextes) ð Mais attention ! Si le devoir d'état ne peut être un prétexte pour manquer d'attention au prochain, il est le premier lieu de notre attention au prochain.
ð de qui allons-nous accepter ces irruptions ? allons-nous les limiter, les restreindre … et "ratatiner" la miséricorde du Seigneur (cf. ci-dessus) ou allons-nous l'ouvrir ? allons-nous l'ouvrir à notre proche prochain : la grand-mère ou la grande tante isolée et oubliée, la voisine esseulée, le voisin handicapé, l'enfant handicapé de la classe de nos enfants, la mère de famille enceinte, le voisin que sa femme vient de quitter, la voisine qui a perdu son fils d'un cancer, l'amie trompée par son mari, l'amie qui boit quand son mari est en déplacement professionnel, … ? ð c'est cette ouverture du cœur au proche prochain qui ouvre notre cœur à celui qui nous fait peut-être un peu peur, qui nous semble peut-être inatteignable : le drogué qui tend la main, le clochard qui sent mauvais, l'inconnu qui frappe à ma porte, l'estropié qui quête aux feux, … ð Mais attention ! C'est un chemin difficile … allons-y pas à pas, avec la Providence pour alliée (Cf témoignage du canard au foie gras)
4 Alors Pierre fixa les yeux sur lui, ainsi que Jean, et il lui dit : "Regarde-nous bien !" Pierre et Jean acceptent la rencontre ; ils vont même plus loin en proposant une rencontre des regards, une rencontre d'homme à homme …
5 L'homme les observait, s'attendant à recevoir quelque chose. – Que ce soit une vraie rencontre ! – Confions la rencontre manquée à la Miséricorde ! … et ce regard de Pierre et de Jean est tellement signifiant, que l'homme leur rend ce regard et s'attend à quelque chose. (cf Guy Gilbert : quelle est la couleur des yeux de celui à qui tu as donné une pièce ?)
ð Si nous acceptons la rencontre, il faut que ce soit une vraie rencontre … pas un truc en passant, pour se débarrasser (cf une autre situation : je disais tous les matin bonjour aux ouvriers de mon atelier de production ; un jour l'un d'entre eux à garder ma main dans la sienne, et m'a dit : "vous ne nous regardez même pas quand vous nous dîtes bonjour" … et il avait raison, et j'ai réalisé que pour le geste de paix à la messe, je faisais la même chose ! dire bonjour en prenant le temps de regarder les yeux dans les yeux que ce soit ma femme, mes enfants, mon collègue, mon client, mon voisin de messe, le mendiant …) La vraie rencontre, c'est une vraie attention portée à celui que je rencontre, une rencontre d'égal à égal, une rencontre d'ami à ami ; cela se fera par l'échange des regards, l'échange des prénoms, l' "échange" des postures (s'asseoir avec le mendiant : cf la vieille de la Banque ou le mendiant de St Louis d'Antin), le dialogue (cf Moïse) ð Mais attention ! on voit que la rencontre suscite une attente … et là Jean Vanier nous appelle à la sagesse en ne promettant jamais plus que ce que nous pouvons donner !
ð peut-être que nous allons refuser la rencontre … oui, nous sommes limités ! oui, nous ne sommes pas Dieu ! Nous sommes limités dans notre emploi du temps, nous sommes limités par notre timidité, par notre fragilité, par notre fatigue, … et puis, après tout, c'est à l'Etat de s'occuper de cela ! et puis, les organisations caritatives le font mieux que moi ! acceptons nos limites, acceptons de ne pouvoir refléter qu'en partie de l'amour de Dieu, confions nous à sa miséricorde, et prions pour celui que nous avons refusé, pas pris le temps, pas eu le temps de rencontrer ! … parce qu'aujourd'hui, nous n'avons peut être qu'à prier pour lui ! ð mais attention ! gardons-nous de juger celui qui est dans la misère, celui qui mendie (la poutre qui est dans ton œil, c'est le jugement que tu portes sur la paille qui est dans l'œil de ton prochain) ; gardons-nous de le juger dans notre cœur, et gardons-nous de lui faire la morale (cf le vieux qui rentrait à la maison de retraite)
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Pierre lui dit : "Je n'ai pas d'or ni d'argent ; mais ce que j'ai, je te
le donne : au nom de Jésus-Christ le Nazaréen, lève-toi et marche." Pierre et Jean n'ont pas d'argent : facile ! cela leur évite toutes les questions que nous pouvons nous poser : donner ou ne pas donner ! Pierre et Jean en passent directement en l'annonce du salut apporté par Jésus … moins facile !
Pierre et Jean n'ont pas d'argent : facile ! cela leur évite toutes les questions que nous pouvons nous poser : donner ou ne pas donner !
ð Interview d'Andrea Ricardi, communauté Sant'Egidio, dans Famille Chréteinne N°1460 , 7 au 13 janvier 2006-04-28 Vous insistez sur la dimension du partage; Mais on se sent démuni face à quelqu'un qui mendie… Un diocèse italien, un jour, a fait cette déclaration : "Ne donnez pas l'aumône aux pauvres devant les églises, mais donnez l'argent au service social du diocèse, qui le redistribuera de façon plus rationnelle". Cette invitation va à l'encontre du droit naturel. L'aumône est une tradition que l'on retrouve dans toutes les religions. Elle est un petit geste… mais cela peut être le début d'une relation. C'est le minimum du minimum! Si vous mettez vos yeux dans les yeux du pauvre, c'est mieux. Si vous lui parlez, c'est encore mieux. Si vous revenez le lendemain, ou une semaine plus tard, pour savoir se qu'il est devenu. Alors, ne méprisons pas l'aumône : elle est un geste très humble et très digne qui nous permet daller à la rencontre du pauvre.
Quelle est pour vous la plus belle image de l'amour? L'image de Pierre et Jean qui, entrant dans le temple de Jérusalem, trouvent près de la porte un homme estropié. "Nous n'avons ni or ni argent, lui disent ils, lève –toi au nom du Christ Seigneur." Cela signifie que nous n'avons besoin ni d'or ni d'argent pour aimer le pauvre. Je suis toujours émerveillé de voir la délicatesse des pauvres entre eux. En Afrique, nous avons lancé un programme pour les malades du sida, et nous soignons plus de trois mille personnes. Je suis heureux quand je vois des personnes âgées de la banlieue de Rome vendre des tartes maison pour aider à financer ce projet. C'est l'obole de la veuve! Le génie de l'esprit est de faire vivre l'amour dans ses formes les plus différentes. Notre responsabilité, aux une et aux autres, c'est d'aimer. Et l'amour est inventif!
ð Cardinal Ratzinger, Voici quel est notre Dieu, p222 C'est ce qui distingue la perspective chrétienne d'entraide de la planification globale des marxistes qui ne prend en considération que le changement de structures et néglige les cas particuliers. Mais, inversement, cela signifie naturellement qu'il faut aussi se préoccuper de l'ordre social global. Il ne faut se contenter de pratiquer la charité dans des cas particulier, si importante soit-elle, mais essayer de contribuer à ce que des conditions de vie fondamentalement meilleures leur soient offertes. C'est ainsi que sont nés dans l'Eglise les hôpitaux, les écoles pour les pauvres et bien d'autres réalités encore. Les deux perspectives vont ensemble : le regard pour celui qui m'est réellement prochain, que mes grandes planifications structurelles ne doivent pas me faire oublier, en même temps qu'une modifications des structures injustes et une aide structurelle apportée à ceux qui présentement ont besoin pour ainsi dire d'être habillés.
ð Benoît XVI, Deus Caritas est, 28 b) L’amour – caritas – sera toujours nécessaire, même dans la société la plus juste. Il n’y a aucun ordre juste de l’État qui puisse rendre superflu le service de l’amour. Celui qui veut s’affranchir de l’amour se prépare à s’affranchir de l’homme en tant qu’homme. Il y aura toujours de la souffrance, qui réclame consolation et aide. Il y aura toujours de la solitude. De même, il y aura toujours des situations de nécessité matérielle, pour lesquelles une aide est indispensable, dans le sens d’un amour concret pour le prochain.[20] L’État qui veut pourvoir à tout, qui absorbe tout en lui, devient en définitive une instance bureaucratique qui ne peut assurer l’essentiel dont l’homme souffrant – tout homme – a besoin : le dévouement personnel plein d’amour. Nous n’avons pas besoin d’un État qui régente et domine tout, mais au contraire d’un État qui reconnaisse généreusement et qui soutienne, dans la ligne du principe de subsidiarité, les initiatives qui naissent des différentes forces sociales et qui associent spontanéité et proximité avec les hommes ayant besoin d’aide. L’Église est une de ces forces vives : en elle vit la dynamique de l’amour suscité par l’Esprit du Christ. Cet amour n’offre pas uniquement aux hommes une aide matérielle, mais également réconfort et soin de l’âme, aide souvent plus nécessaire que le soutien matériel. L’affirmation selon laquelle les structures justes rendraient superflues les œuvres de charité cache en réalité une conception matérialiste de l’homme : le préjugé selon lequel l’homme vivrait «seulement de pain» (Mt 4,4; cf. Dt 8, 3) est une conviction qui humilie l’homme et qui méconnaît précisément ce qui est le plus spécifiquement humain ð Nous sommes donc très concrètement invités à l'aumône … mais dans une vraie relation d'amitié. Comment ? que donner ? Il n'y a pas de recettes, pour avoir écouté des Jean Vanier, Guy Gilbert, Jean-Marie Petitclerc, aucun n'a la même façon de faire … mais pour tous elle est cohérente par rapport à ce qu'ils sont. Donner une pièce prise au hasard de sa poche, donner au premier de la journée et prier pour tous les autres, fumer une cigarette, ne rien donner pas même une cigarette (pour éviter de créer un rapport donateur-receveur), … à chacun de voir ce qu'il a à faire … toujours dans l'amour, et sans éviter la rencontre avec Lazare.
Pierre et Jean en passent directement en l'annonce du salut apporté par Jésus … moins facile ! ð annoncer le Christ au mendiant peut sembler dérisoire, injurieux, inadapté ! et pourtant ! combien de fois le cadeau d'une médaille miraculeuse en plus d'une pièce a ouvert la porte de l'échange, de la conversation, à changer la nature du rapport avec le mendiant ! (cf le vieille de la banque, le père de famille de la rue de Béthune, le musulman de Port-Royal) ð mais attention ! cette annonce est discrète … si la porte reste fermée, elle reste fermée, si elle s'ouvre, laissons notre interlocuteur décider de la suite de la conversation.
7 Le prenant par la main droite, il le releva, et, à l'instant même, ses pieds et ses chevilles devinrent solides. – Aller au bout de la rencontre … un jour ! Pierre va jusqu'au bout de sa rencontre et de sa promesse. Il tend la main et relève le mendiant.
ð (à revoir) voilà bien l'objectif de l'amour : que le mendiant se relève physiquement mais aussi et surtout dans sa dignité d'homme. Ici, c'est instantané … pour d'autres, c'est plus long, très long, xxxx ð c'est aussi une invitation pour qu'un jour donné, nous allions plus loin. (cf. l'histoire de Moïse venu au mariage d'Olivier et Carol)
8 D'un bond, il fut debout, et il marchait. Il entra avec eux dans le Temple. Il marchait, bondissait, louait Dieu.
9 Et tout le peuple le vit marcher et louer Dieu.
10 On le reconnaissait : c'est bien lui qui se tenait pour mendier, à la "Belle Porte" du Temple. Et les gens étaient complètement stupéfaits et désorientés de ce qui lui était arrivé. … et Moïse vient au groupe de prière.
ð un point important que nous n'avons pas encore souligné : ce n'est pas Pierre tout seul, ce n'est pas Jean tout seul … mais c'est Pierre et Jean ensemble … nous ne sommes pas tout puissant, nous avons besoin de l'entr'aide : l'un agit, l'autre prie. Et, lorsque seul, nous faisons un acte d'aumône, c'est en communion avec notre conjoint, avec notre famille, avec notre communauté, avec l'église ð un autre point important : c'est au nom de Jésus-Christ, et non pas en leur nom propre que Pierre et Jean agissent ; c'est 'l'amour du Christ qu'ils donnent pauvrement et non pas le leur … qu'il en soit de même pour nous !
Benoit XVI, Deus Caritas est, 35. Cette juste manière de servir rend humble celui qui agit. Il n’assume pas une position de supériorité face à l’autre, même si la situation de ce dernier peut à ce moment-là être misérable. Le Christ a pris la dernière place dans le monde – la croix – et, précisément par cette humilité radicale, il nous a rachetés et il nous aide constamment. Celui qui peut aider, reconnaît que c’est justement de cette manière qu’il est aidé lui-aussi. Le fait de pouvoir aider n’est ni son mérite ni un titre d’orgueil. Cette tâche est une grâce. Plus une personne œuvre pour les autres, plus elle comprendra et fera sienne la Parole du Christ : «Nous sommes des serviteurs quelconques» (Lc 17, 10). En effet, elle reconnaît qu’elle agit non pas en fonction d’une supériorité ou d’une plus grande efficacité personnelle, mais parce que le Seigneur lui en fait don. Parfois, le surcroît des besoins et les limites de sa propre action pourront l’exposer à la tentation du découragement. Mais c’est alors justement que l’aidera le fait de savoir qu’elle n’est, en définitive, qu’un instrument entre les mains du Seigneur ; elle se libérera ainsi de la prétention de devoir réaliser, personnellement et seule, l’amélioration nécessaire du monde. Humblement, elle fera ce qu’il lui est possible de faire et, humblement, elle confiera le reste au Seigneur. C’est Dieu qui gouverne le monde et non pas nous. Nous, nous lui offrons uniquement nos services, pour autant que nous le pouvons, et tant qu’il nous en donne la force. Faire cependant ce qui nous est possible, avec la force dont nous disposons, telle est la tâche qui maintient le bon serviteur de Jésus-Christ toujours en mouvement: «L’amour du Christ nous pousse» (2 Co 5,14).
J'ai une grande espérance pour la paix. Dans tout homme, y compris dans celui qui semble une crapule, il y a un désir de paix; La difficulté, c'est l'ambiguïté du cœur humain : l'homme aime la paix dans sa famille et porte la guerre dans les familles des autres; il aime la paix dans son pays, et sème la guerre à l'extérieur de ses frontières. L'homme est contradictoire; mais il faut travailler avec la racine de paix qui est présente en chaque homme.
Quelle est votre image préférée de la paix? Ave c la colombe, c'est l'image du visage du Christ que vous pouvez voir dans l'Eglise de Sant'Egidio, Santa Maria del Tratesvere :serein, silencieux, avec un regard extrêmement pacifique qui vous fixe…et me pacifie. Le Christ est notre paix.
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