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Francis
Bonjour, Mesdames, Messieurs,
Nous sommes très heureux, très
honorés d’être ici,avec vous ce matin, de partager avec vous
cette expérience que nous avons de pratiquer le bien commun, de
mettre en pratique le bien commun.
Le sujet qui nous a été
proposé ce matin a déjà été examiné par des philosophes et par
des théologiens, depuis des siècles, et d’abord je voudrais tout
de suite vous dire que nous ne sommes ni l’un ni l’autre.
Mon épouse et moi-même sommes
nés au milieu du siècle, dans des environnements sociaux
économiques totalement différents, dans des régions différentes
de notre pays, avec des environnements culturels différents, et
donc nous avons été formés et influencés par des facteurs très
différents. La chose que nous partagions c’était le mouvement
activiste estudiantin qui a sévi un peu partout dans le monde,
dans les années 70 ; et dans notre pays particulièrement, en
raison du régime de la loi martiale qui a commencé en 72.
Je suis né dans le (Négos)
occidental qui, plus tard, est devenu un foyer de communisme. En
raison des situations extrêmes des riches barons du sucre qui
vivaient dans un style très “ostentationnel” avec des voitures
extrêmement coûteuses, des grandes maisons, propriétaires de
centaines d’hectares, et puis des classes misérables,
spécialement les ouvriers des fermes sucrières, qui
travaillaient pour moins de 1 dollar par jour, constamment
endettés auprès des propriétaires… Les épouses et les enfants
travaillaient dans les chants avec eux, travaillant pour
rembourser les dettes, car ils étaient liés également par les
dettes.
Mes parents et tous les
ouvriers qui travaillaient dans une ferme sucrière et mon père
est devenu un leader ouvrier toujours présent dans les
négociations avec les propriétaires et qui se terminaient
souvent par des trahisons de beaucoup de ses compagnons qui
étaient achetés et corrompus par les propriétaires influents.
Comme étudiant dans une
université privée, j’ai rejoint plus tard une organisation
d’étudiants de gauche, la branche jeune du parti communiste des
Philippines. J’ai passé une bonne partie de mes années de
collège en manifestations. Les manifestations demandent toujours
un effort de parler au nom des masses silencieuses que je voyais
souffrir jour après jour, et j’ai compris que je devrais vivre
ma vie pour aider à apporter un peu plus de justice sociale,
quel qu’en soit le coût, même, s’il le faut par la révolution
violente. …
Alors que j’étais sur le point
d’avoir mon diplôme, tout ce que je voulais, c’était être
autorisé à aller en Chine, de façon à poursuivre ce rêve, d’être
un de ces premiers cadres qui pourraient aider à apporter des
changements radicaux.
Tel fut le destin, en fait : un
oncle fortuné a proposé de m’envoyer dans une école de Droit, à
Manille. Pendant les premières années à l’école de Droit, la loi
martiale a été déclarée, et beaucoup de mes collègues ont été
poursuivis par les militaires et jetés en prison. D’autres ont
fui dans les montagnes pour aller rejoindre la guérilla qui
allait continuer à se battre pour la justice sociale à travers
la révolution violente qui a duré pendant les 14 années de la
loi martiale et qui a encore quelques foyers actifs dans des
endroits isolés, dans certains endroits isolés des Philippines,
maintenant.
Pour des raisons mystérieuses,
j’ai été épargné, parce que j’étais loin de la province où
j’étais connu comme leader de gauche, étant déjà à Manille.
Thérésa
Comme Francis l’a dit, nous
avons grandi dans un environnement très différents.
Mon père était un professionnel
qui a travaillé dur et qui est devenu un industriel qui vraiment
a eu du succès. Nous avons connu la pauvreté parce qu’il était
orphelin quand il était très jeune. Il a décidé que sa famille
ne devrait pas supporter les difficultés que lui avait
expérimenté, et donc j’ai grandi dans un relatif confort, dans
une grande maison familliale, avec des aides ménagères,
chauffeur pour me conduire, moi et mes frères et sœurs, à
l’école et une mère très religieuse qui veillait à ce qu’on prie
le rosaire, qu’on aille à la messe tous les dimanches. Mais en
raison des origines ouvrières de mon père, il a été amené à
créer plusieurs entreprises dans la ville où il avait grandit
avec le but avoué d’aider le développement économique de ses
collègues. Il a créé une compagnie électrique, une usine textile
et une petite banque rurale.
Même, alors que nous
grandissions dans la ville, nous allions souvent dans la
province et on se rendait compte des conditions de vie des
personnes qui vivaient dans la zone rurale. Notre région n’était
pas aussi extrême que celle où Francis a grandi. En fait, il n’y
avait pas de gros propriétaires mais plutôt une classe moyenne,
entre les deux,… qui était présente bien qu’ils soient tout de
même pauvres.
Malgré cette enfance
confortable il m’a semblé que je cherchais quelque chose de
plus. Les idées libérales qui étaient développées par la
religion américaine de mon école m’ont aidées à ouvrir les yeux
sur le fait que la société autour de moi était injuste et que
j’avais une certaine responsabilité pour que tout cela change.
Le même mouvement activiste
estudiantin était également présent dans les collèges privés
secondaires et j’ai participé à des marches et des
manifestations moi aussi ; cependant avec des réformateurs plus
modérés et non pas avec les radicaux dont Francis faisait
partie
Pendant ce temps, j’ai
rencoontré un groupe de chrétiens qui m’a frappé par leur
simplicité et leur mode de vie joyeux, vivant ainsi les Paroles
de l’Évangile, mettant en pratique dans la vie toute simple et
même dans les circonstances pas si ordinaires de la vie
quotidienne. J’étais attirée par leur chant qui exprimaient leur
désir de changer le monde, mais, pas à travers la violence, ou
la haine ; au contraire, ils parlaient d’unité, d’amour, de
paix, avec la disponibilité de donner leurs vies pour leurs
voisins, si nécessaire.
Á partir de ce moment là, je me
suis rendu compte que j’ai découvert ce mode de vie et j’en ai
fait mon propre mode de vie.
Francis.
J’ai rencontré mon épouse quand
j’étais à l’école de droit. Elle était la sœur de un de mes
camarades de classe. Dans les longues conversations que nous
avons eues, on a découvert les points communs de nos vies,
c’est-à-dire un souci de justice sociale et les désirs de
changer la société qui caractérisait quelques familles
extrêmement riches, la masse, la grande majorité vivant dans la
pauvreté et trop peu dans la classe moyenne. ; et ainsi, tout
doucement elle a partagé la vie, à travers l’Évangile dans la
vie quotidienne, et j’ai commencé à voir la sagesse et j’ai
aussi embrassé ce mode de vie.
Lorque nous nous sommes mariés,
nous appartenions à une Communauté qui appliquait ces valeurs de
l’amour : c’est voir Jésus dans chaque personne que nous pouvons
servir en mettant de côté nos propres désirs pour le bien des
autres.
Entre nous, en essayant de nous
rappeler mutuellement, et ce n’est pas toujours facile… dans un
jeune couple on aspire aussi au succès, au bien être matériel et
à un bel avenir pour nos enfants. Mais, parce que nous étions
constamment confrontés avec les besoins des personnes autour de
nous, des collègues, des parents, le personnel de la maison,
tous ceux qu’on voyait comme les membres de la grande famille de
Dieu, nous avons tempéré nos propres désirs d’enrichissement,
comme le monde le faisait autour de nous.. Au contraire, nous
voyions des occasions d’utiliser les ressources de notre
éducation et que notre famille pouvait nous donner pour
poursuivre un plus grand bien commun.
Ainsi le père de (Térésa)
nous a demandé de l’aider dans les entreprises qu’il avait
établi dans les zones rurales parce que tous les frères et sœurs
de mon épouse avaient quitté le pays. J’ai donc quitté mon
travail de juriste que je venais de commencer et ensemble avec
notre fille, nous sommes partis dans la compagne pour gérer une
ferme et la banque rurale établie par mon beau père. Et là, nous
avons vu une occasion de mettre en pratique notre idéal, en
traitant les ouvriers de la ferme avec justice, leur donnant un
bon salaire, au contraire des pratiques qui prévalent. Chacun
d’eux, nous les voyions comme membre de la famille, nous
travaillons avec eux, établissant des relations de fraternité de
façon à contrer la culture de domination à laquelle ils étaient
habitués.
Thérésa
La banque rurale que nous avons
repris était, en fait, en grand péril après des années de
négligence. Nous avons réunis les employés de façon à restaurer
la confiance et la fierté de servir l’institution qui
fournissait des biens à la communauté. Nous avons partager nos
valeurs chrétiennes, de voir, en chacun de nos client un frère à
aimer et à servir, au lieu de voir simplement un client dont on
pouvait tirer de l’argent.
En raison et en plus que ce
comportement produisait de bons résultats, progressivement la
banque est devenue une communauté de personnes au service de la
société… au service de la population rurale.
Comme mon père souhaitait
vendre la banque, alors que nous n’avions pas assez d’argent
pour l’acheter, un autre partenaire de la banque a apprécié ce
que nous essayions de faire, il a proposé de nous prêter
l’argent de façon à ce que nous puissions acheter la bvanque
plutôt que de l’acheter lui-même, et c’est juste une des
nombreuses interventions divines dans notre vie de business,
qui, non seulement nous a aidé à survivre à travers les
difficultés, mais nous a permis de faire croître l’activité
d’une façon qu’on ne pouvait même pas imaginer étant donnée
notre connaissance limitée de la théorie du business.
Derrière chacune de nos actions
il y avait le désir d’être juste, d’aider les autres, de grandir
ensemble, croître ensemble avec nos employés, nos clients, et la
société rurale d’une façon générale.
En 1991, Chiara Lubich, la
fondatrice du mouvement des Focollari auquel nous appartenons, a
lancé un défi à tous les entrepreneurs de voir les affaires
comme un instruments pour le bien commun, pour servir le bien
commun. Elle parlait d’un nouveau cadre économique , un nouveau
paradygme d’économie, l’économie de communion où les profits de
l’entreprise étaient au service des pauvres en vue du
développement d’une culture et de dons, et pour le
réinvestissement de façon à assurer la stabilité et la
continuité des affaires elles-mêmes. Plus que simplement la
destinations des frofits, l’économie de communion offrait d’un
façon particulière d’établir des relations à l’intérieur de
l’entreprise elle-même, parmi les collaborateurs, les
actionnaires, les membres du gouvernement qui nous contrîlaient
et même nos compétiteurs.
A ce moment là, on avait juste
remis la banque sur ses pieds, et on était satisfait par sa
viabilité. Nos besoins étaient modestes et nos revenus étaient
suffisants., mais en entendant le défi proposé par Chiara
Lubisch, nous avons compris que ce n’était pas assez, d’être
confortable dans notre petit monde. En développant le business,
nous pouvions fournir plus de travail et apporter un service à
un public plus large, créer plus de profit qui serait partagé
avec les pauvres. Nous avons donc entrepris une extension, et
nous avons établi huit nouvelles agences bancaires dans la
provinde de Batangas. Dans cet effort nous étions aidé par un
autre entrepreneur qui, comme réponse à ce défi qui avait été
posé, avait créé une affaire de consultants pour aider les
agents à se professionnaliser et à traiter les problèmes
inhérants à un environnement de plus en plus compétitif.
Avec le soutien de sa firme
nous nous sommes préparés et avons préparé une organisation à
gagner le défi de la croissance d’une façon qui nous permettrait
de ne pas perdre de vue notre vision de “servir” la communauté.
Là encore c’était une expérience de travailler en unité avec une
équipe ayant le même état d’esprit, qui, elle aussi, croyait
dans le but de l’unité et travaillait pour le bien commun.
Francis
En son
temps, donc, les ressources de la banque ont crû à travers le
soutien continu de la population locale qui a bien compris la
sincérité de notre service, et avec l’aide des managers et des
employés qui ont travaillé dur, et qui ont senti que
l’entreprise était vraiment “leur” entreprise et un coin
d’histoire de leur famille On regardait constamment la façon de
partager les bénéfices avec tous les collaborateurs, les
employés, en leur donnant des salaires un peu plus élevés et en
leur donnant des assurances de santé, des assurances vie, en
proposant des partages de profit et même des “stockhauschen ”
pour concrétiser notre désir que chacun de nous sente qu’il ait
vraiment part de l’entreprise.
Nous avons fait l’effort de
donner des services personnalisés à nos clients, même au point
d’apprendre à un client illettré comment ouvrir un compte en
banque, de façon à l’aider dans son petit business. Ou alors un
petit éleveur, à travers une étude de visibilité pour comprendre
comment il pouvait emprunter un petit peu d’argent pour
accroître son capital, pour faire grandir son capital.
Nous avons participé, en tant
qu’institution à des collectes de fonds pour aider les régions
qui ont été frappées par des désastres naturels, des inondations
qui ont détruit des maisons, et même dans des provinces
différentes de notre province, et notre zone d’opération.
Á travers tout cela nous avons
essayé de partager la culture du don. En fait, par exemple, que
d’autres pouvaient aussi agir de la même façon… que les actions
en faveur des pauvres n’ont pas besoin d’être uniques de
quelques personnes, au contraire, n’importe qui, qui peut,
devrait partager ce genre d’effort, de façon à ce que un plus
grand bien puisse être servi ; et nous avons pu découvrir que
beaucoup de ces activités que nous proposions, nous étions
vraiment heureux d’être partis de cet effort pour aider les
autres.
En 1997, la crise financière
qui a frappé l’Asie a conduit à ce que de nombreuses activités,
grands et petits ont été affectées, des faillites ont causé
beaucoup de dégats dans les institutions bancaires et nous avons
eu à faire face à de nombreux problèmes, des faillites, des
manques d’intérêt de faire grandir nos activités. Heureusement
nous avons été capables de survivre aux conditions difficiles,
mais nous avions encore de nombreux problèmes dûs à un marché
qui est devenu très limité parce que les critères de crédit
devenaient de plus en plus stricts, et c’est pendant cette
période que nous avons entendu parlé des « micro-financements »,
c’est-à-dire : prêter aux pauvres sans caution, sans garantie.
Á cette époque, il semblait
absurde pour une banque de prendre un tel risque qui existait
uniquement dans les organisations non-gouvernementales, qui ;
e ::es, avaient la mission d’aider les plus pauvres. Nous
pensions que, étant donnée la situation où la gestion du risque
était une question à tel point cruciale, est-ce qu’on pouvait
vraiment nous embarquer dans un tel projet avec de telles
applications radicales. Cependant nous étions confrontés avec la
réalisations que, on n’avait pas encore vraiment servi ceux qui
avaient le plus besoin dans la société, alors que nous excluons
les plus pauvres de l’accès au crédit, simplement parce qu’ils
n’avaient pas de caution, pas de garantie. Il était temps de
faire une étape encore plus audacieuse.
Theresa
Nous avons entrepris les prêts
à des groupes et plus tard, les programmes de micro-crédits
individuels
Les premiers recouvrent
l’organisation de groupes de femmes dans les petits villages
pour les former à la discipline du crédit et à la solidarité de
groupe, également la bonne façon de gérer leurs affaires et
l’art de l’épargne.
Epargner même quand ils
pensaient qu’ils n’avaient jamais assez d’argent pour les choses
les plus élémentaires de la vie quotidienne. Finalement, ils ont
découvert qu’ils pouvaient épargner, petites quantités par
petites quantités, mais au fil des années, un an, deux ans,
trois ans les sommes devenaient significatives et constituaient
pour eux un vrai support pour gérer les urgences, gérer
l’éducation de leurs enfant etc…
Pour de petits prêts, moins que
50 dollars, ils étaient capables de développer leur
micro-business, tels que “faire des sucreries”, “faire des
petits cadeaux” ou exploiter une petite boutique de quartier, ou
vendre des légumes ou des poissons au marché : des entreprises
qui faisaient suffisamment d’argent pour leur permettre
d’envoyer leurs enfants à l’école, améliorer leur maison, faire
face aux besoins médicaux. Il y avait une réunion hebdomadaire
qui était organisée de façon à leur apprendre les choses les
plus importantes, les valeurs les plus importantes ; les femmes
expérimentaient la joie d’appartenir à un groupe, de passer une
heure avec d’autres femmes qui se battaient, comme elles, pour
gagner décemment leur vie.
Pour épargner, non seulement
individuellement mais aussi pour créer un fond commun qu’ils
pouvaient utiliser pour visiter des endroits qu’ils ne
connaissaient pas, avoir des lieux d’apprentissage et servir
comme un lien de fraternité. Progressivement ils ont découvert
leur capacité à se lancer dans d’autres activités, ensemble,
tels que : créer un magasin ou investir dans des chaises et
des tables pour louer pour des mariages dans le village. Et
ainsi, voir les ressources du groupe grandir et ainsi certains
étaient capables de construire un local central ou contribuer à
aider le gouvernement local qui construisait ou qui réparait un
centre médical.
Même les relations au sein de
la famille évoluaient, car les femmes se sont vues accorder plus
de respect de la part de leur mari qui leur rappelaient et qui
les encourageaient à aller à leur réunion hebdomadaire. Les
familles ont découvert que le fait de travailler ensemble avec
un petit capital peut leur apporter un supplément de revenu et
ils ont pu ressentir le progrés dans leur vie quotidienne.
Les micro-entrepreneurs
individuels étaient également pris en compte ; certains d’eux
ont eu tellement de succès qu’ils ont pu finalement embaucher
des employés ou donner du business à d’autres clients au sein du
groupe de solidarité.
Maintenant nous avons donné
plus de trois millions de dollars en petits prêts, à plusieurs
milliers de micro-entrepreneurs dans plusieurs régions de
Batangas.
Pour nous, cela veut dire
aussi : donner plus de travail, à plus de 50 personnes en plus
qui ont été embauchées comme agents de crédit, qui allaient dans
les villages pour organiser les femmes, chercher les occasions
de micro-entrepreneurs individuels pour les former de façon à ce
qu’ils puissent ensuite faire appel à la banque. Comme le
programme s’est développé ainsi que le nombre de clents, aussi
le nombre d’agents de crédit devait aussi grandir de façon à
satisfaire ces besoins, nous avons créé un troisième étage dans
notre bureau pour accueillir tout ce personnel supplémentaire
qui était nécessaire pour soutenir le programme.
Aujourd’hui nous avons confirmé
que le micro-crédit est non seulement viable, mais en plus c’est
le vrai instrument pour le développement de ceux qui ont le plus
besoin de crédit.
En plus les pauvres avec qui
nous partageons les profits de la banque comme une entreprise de
l’économie de communion, nous pouvons, comme une institution
financière rurale, servir les besoins des pauvres au sein de la
communauté, directement en leur apportant la banque à la porte
de leur maison et en leur donnant la possibilité de franchir
cette frontière et ainsi entrer dans le monde de la banque ;
découvrir ainsi des horizons qu’ils n’avaient jamais explorés :
apprendre ensemble ; construire ensemble ; la réalité que nous
sommes tous frères et sœurs d’un même Père.
Ce n’est pas un choix aisé à
faire, de réorienter nos services de plus en plus en faveur de
la population la moins favorisée. Nous avions encore quelques
clients d’avant, du monde d’avant. Il y avait des moments où on
devait se rendre compte de la réalité ; qu’il était bien plus
facile de nous occuper d’un gros compte, comparé à nous occuper
de 5000 petits comptes qui avaient finalement le même montant
globalement. Un agent de crédit qui s’occupe d’un prêt de 30
millions de pesos soit ½ million d’Euros, alors que 25 agents de
crédit s’occupaient de 3000 clients pour un montant global
équivalent.
En raison de la stricte
discipline de crédit qui était appliquée, nous avons crû un
petit peu moins vite que les autres collègues dans le même type
d’activité mais nous avons tout de même expérimenté une
croissance extraordinaire, en raison notamment des prêts que
nous avons pu donner aux professeurs, avec une déduction
automatique de salaire qui était garantie par le département de
l’éducation.
Comme nous travaillions dans
cette direction, nous avons vu que c’était possible, seulement
si nous acceptions d’entrer dans un système de corruption à
l’institut nationnalisé en donnant un pourcentage de l’argent
que nous pouvions récolter à quelques-uns des fonctionnaires du
gouvernement à travers laquelle la déduction de salaire allait
se faire et, au lieu d’éduquer les emprunteurs, le système avait
mis un grand nombre de client en situation de sur-endettement
dont ils ne pouvaient plus sortir.
Par contraste, les clients du
“micro-crédit” ont la possibilité, non seulement de s’investir
dans une activité qui va générer des revenus mais, également
apprendre ce que cela signifie d’épargner, leur donner ainsi
l’espoir qu’un jour, ils seront capables de gérer leurs affaires
sans être aidés par d’autres personnes. Un jour, ils pourront
entrer dans la banaque comme un entrepreneur individuel qui a
déjà établi sa crédibilité et sa capacité à gérer des crédits
sans la garantie de solidarité d’un groupe.
Ainsi il est clair que nous
avons fait un changement dans notre opération vers la direction
des micro-finences, investissant de plus en plus dans les
ressources humaines, développant des produits adaptés au plus
grand nombre qui sont les pauvres : des techniques qui
permettent de traiter de façon efficace des milliers de
transactions et même des bureaux supplémentaires et des branches
supplémentaires pour améliorer notre capacité de toucher les
gens et tout cela, tout en restant financièrement stable et
viable et profitable de façon à pouvoir nous maintenair en tant
qu’entreprise.
Francis
Progressivement nous avons
commencé à réaliser notre rêve de changer un certain nombre de
structures pour qu’elles soient plus en cohérence avec l’idéal
d’unité sans avoir à se rabattre sur la violence.. Le combat que
nous avions commencé dans nos années estudiantines, en fait, a
bien montré qu’il fallait d’abord nous changer, nous mêmes,
radicalement avant d’être capables de travailler pour changer la
société.
Au fil des années, dans notre
vie nous avons redécouvert que l’Evangile vécu est vraiment la
révolution sociale la plus puissante que l’on puit imaginer,
mais c’est également la plus simple, la plus facile à comprendre
et à vivre.. Tout ce que ça demande c’est de voir chaque
personne, près de nous, à côté de nous, comme un frère.
Avant de conclure je vais
partager avec vous une autre expérience : comment les
circonstances nous ont conduit de façon significative dans nos
vies, si nous sommes capables de nous ouvrir à l’idée d’être au
service des autres.
Il y a quatre ans, alors que
nous étions en vacances de 5 jours dans une des îles de notre
pays bien connue pour sa beauté, ses rives de corail, nous
étions enlevés, kidnappés par des fondamentalistes islamiques,
avec 18 autres personnes..
Nous étions terrorisés, bien
sûr ! et dans les jours qui ont suivi, parce que nous avons
essayé de voir nos kidnappeurs et nos collègues-otages, comme
des frères à aimer, nous avons peu à peu perdu cette peur et
nous avons essayé de comprendre les aspirations et les
motivations de nos kidnappeurs.
Au fil des trois semaines qui
ont suivi, nous avons expérimenté, marché 6 à 8 heures par jour
dans les montagnes de (Basilen) une base musulmane dans le sud
des philippines. Le groupe qui nous avait kidnappés était le
groupe le plus fondamentaliste … avec qui le gouvernement
refusait de négocier. En fait, la moitié du temps nous
courrions, même nous devions fuir les balles de nos propres
forces militaires qui poursuivaient le groupe. Cependant, par la
grâce de Dieu et à travers les prières de millions de nos frères
de communauté et des hommes et des femmes de bonne volonté, nos
voisins, nos collègues, nous avons été relâchés sans dommage et
nous avons pu retourner dans notre famille. Alors les personnes
nous ont demandé si nous avions expérimenté un traumatisme, nous
avons dit : au contraire, nos yeux ont été ouverts à la
souffrance de nos frères musulmans dans le sud. On se rendait
compte que nous étions bien loin de là où tous les conflits
étaient puissants depuis plus de trente ans ; nous avons compris
cependant que nous étions un pays, un peuple, une famille.
Donc, après notre retour dans
nos vies et dans nos familles, nous nous sommes demandé comment
nous pourrions aider nos frères musulmans dans le sud.
Rapidement après, une occasion s’est présentée de contacter deux
leaders de coopérative musulmane et nous leur avons proposé pour
les entraîner avec nos agents de crédit de la banque, dans les
techniques de micro-finandement, convaincus que nous devions les
aider dans le développement économique de la région de Mindanao.
En raison de cette ouverture
initiale, on nous a demandé d’accueillir le conseil
d’administration de trois banques rurales qui fonctionnaient
qand les régions musulmanes des Philippines, pour partager notre
expérience d’exploiter une banque, de gouverner des crédits, de
gérer des crédits et d’assurer le contrôle interne. Cette
fois-ci, la formation avait pour but de renforcer le système de
financement rural dans cette région.
Cette direction a aidé nos
propres collègues à ouvrir leurs yeux et leur cœur aux épreuves
de nos frères musulmans, au contraire d’en avoir peur et de les
haïr pour ce qui nous était arrivé.
Ainsi nous avons trouvé une
ouverture et une gratitude dans les participants…parce que nous
ayons pu ouvrir nos portes, nos pratiques professionnelles
Revenons à notre thème
initial : est-il possible de travailler pour le bien commun :
oui !
oui, si nous voypons chaque
personne qui vient comme un frère, … plus que ça : comme un
autre Jésus à aimer.
Si nous aimons, si nous vivons
chaque instant unis avec d’autres dans une conviction similaire,
ouverts au plan de Quelqu’un de supérieur de façon que nous
puissions faire plus de bien, même sans le savoir, c’est
possible si nous le voulons.
Priez pour ça.
Nous sommes prêts à mourir pour
ça, non pas en raison des mérites de notre part, mais c’est tout
le travail de Dieu qui travaille avec tous ceux qui veulent bien
être un instrument de son amour pour l’humanité. De plus, s’il y
a plus de deux ou trois qui travaillons, alors il y a la
possibilité de travailler pour des changements sociaux, pas
seulement en nous basant sur nos propres efforts et notre bonne
volonté mais aussi en croyant à l’intervention de Celui qui est
au milieu de nous, tel que c’est promis dans lo’Évangile.
L’intervention divine et la
providence a été tellement importante dans notre vie
quotidienne, même en tant que chef d’entreprise : c’est ce
soutien imprévu de la part d’un client, l’issue inattendue d’une
situation difficile, ce qui paraît être un événement de chance,
mais, en fait, ce n’est pas de la chance.
Je vous invite à cette vision
pour un monde meilleur où l’on peut vraiment être des enfants
d’un Père ! C’est une aventure qui est bien plus exitante que
tout ce qu’on peut imaginer, un vrai défi mais tellement
satisfaisant.
Á cette occasion nous sommes
très heureux de nous trouver auprès de personnes qui pensent
comme nous. Il y en a beaucoup d’autres qui veulent faire
quelque chose, quelque chose de plus dans leur vie, : alors,
travaillez pour le bien commun.
Merci pour cette occasion
d’être avec vous aujourd’hui. |