La pratique du bien commun

par Francis et Thérésa Ganzon

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Francis

Bonjour, Mesdames, Messieurs,

Nous sommes très heureux, très honorés d’être ici,avec vous ce matin, de partager avec vous cette expérience que nous avons de pratiquer le bien commun, de mettre en pratique le bien commun.

 Le sujet qui nous a été proposé ce matin a déjà été examiné par des philosophes et par des théologiens, depuis des siècles, et d’abord je voudrais tout de suite vous dire que nous ne sommes ni l’un ni l’autre.

Mon épouse et moi-même sommes nés au milieu du siècle, dans des environnements sociaux économiques totalement différents,  dans des régions différentes de notre pays, avec des environnements culturels différents, et donc nous avons été formés et influencés par des facteurs très différents. La chose que nous partagions c’était le mouvement activiste estudiantin qui a sévi un peu partout dans le monde, dans les années 70 ; et dans notre pays particulièrement, en raison du régime de la loi martiale qui a commencé en 72.

Je suis né dans le (Négos) occidental qui, plus tard, est devenu un foyer de communisme. En raison des situations  extrêmes des riches barons du sucre qui vivaient dans un style très “ostentationnel” avec des voitures extrêmement coûteuses, des grandes maisons, propriétaires de centaines d’hectares, et puis des classes misérables, spécialement les ouvriers des fermes sucrières, qui travaillaient pour moins de 1 dollar par jour, constamment endettés auprès des propriétaires… Les épouses et les enfants travaillaient dans les chants avec eux, travaillant pour rembourser les dettes, car ils étaient liés également par les dettes.  

Mes parents et tous les ouvriers qui travaillaient dans une ferme sucrière et mon père est devenu un leader ouvrier toujours présent dans les négociations avec les propriétaires et qui se terminaient souvent par des trahisons de beaucoup de ses compagnons qui étaient achetés et corrompus par les propriétaires influents.   

Comme étudiant dans une université privée, j’ai rejoint plus tard une organisation d’étudiants de gauche, la branche jeune du parti communiste des Philippines. J’ai passé une bonne partie de mes années de collège en manifestations. Les manifestations demandent toujours un effort de parler au nom des masses silencieuses que je voyais souffrir jour après jour, et j’ai compris que je devrais vivre ma vie pour aider à apporter un peu plus de justice sociale, quel qu’en soit le coût, même, s’il le faut par la révolution violente. …

Alors que j’étais sur le point d’avoir mon diplôme, tout ce que je voulais, c’était être autorisé à aller en Chine, de façon à poursuivre ce rêve, d’être un de ces premiers cadres qui pourraient aider à apporter des changements radicaux. 

Tel fut le destin, en fait : un oncle fortuné a proposé de m’envoyer dans une école de Droit, à Manille. Pendant les premières années à l’école de Droit, la loi martiale a été déclarée, et beaucoup de mes collègues ont été poursuivis par les militaires et jetés en prison. D’autres ont fui dans les montagnes pour aller rejoindre la guérilla qui allait continuer à se battre pour la justice sociale à travers la révolution violente qui a duré pendant les 14 années de la loi martiale et qui a encore quelques foyers actifs dans des endroits isolés, dans certains endroits isolés des Philippines, maintenant.

 Pour des raisons mystérieuses, j’ai été épargné, parce que j’étais loin de la province où j’étais connu comme leader de gauche, étant déjà à Manille. 

Thérésa

Comme Francis l’a dit, nous avons grandi dans un environnement très différents.

Mon père était un professionnel qui a travaillé dur et qui est devenu un industriel qui vraiment a eu du succès. Nous avons connu la pauvreté parce qu’il était orphelin quand il était très jeune. Il a décidé que sa famille ne devrait pas supporter les difficultés que lui avait expérimenté, et donc j’ai grandi dans un relatif confort, dans une grande maison familliale, avec des aides ménagères, chauffeur pour me conduire, moi et mes frères et sœurs, à l’école et une mère très religieuse qui veillait à ce qu’on prie le rosaire, qu’on aille à la messe tous les dimanches. Mais en raison des origines ouvrières de mon père, il a été amené à créer plusieurs entreprises dans la ville où il avait grandit avec le but avoué d’aider le développement économique de ses collègues. Il a créé une compagnie électrique, une usine textile et une petite banque rurale.

Même, alors que nous grandissions dans la ville, nous allions souvent dans la province et on se rendait compte des conditions de vie des personnes qui vivaient dans la zone rurale. Notre région n’était pas aussi extrême que celle où Francis a grandi. En fait, il n’y avait pas de gros propriétaires mais plutôt une classe moyenne, entre les deux,… qui était présente bien qu’ils soient tout de même pauvres.

 Malgré cette enfance confortable il m’a semblé que je cherchais quelque chose de plus. Les idées libérales qui étaient développées par la religion américaine de mon école m’ont aidées à ouvrir les yeux sur le fait que la société autour de moi était injuste et que j’avais une certaine responsabilité pour que tout cela change.

Le même mouvement activiste estudiantin était également présent dans les collèges privés secondaires et j’ai participé à des marches et des manifestations moi aussi ; cependant avec des réformateurs plus modérés et non pas avec les radicaux dont Francis faisait partie 

Pendant ce temps, j’ai rencoontré un groupe de chrétiens qui m’a frappé par leur simplicité et leur mode de vie joyeux, vivant ainsi les Paroles de l’Évangile, mettant en pratique dans la vie toute simple et même dans les circonstances pas si ordinaires de la vie quotidienne. J’étais attirée par leur chant qui exprimaient leur désir de changer le monde, mais, pas à travers la violence, ou la haine ; au contraire, ils parlaient d’unité, d’amour, de paix, avec la disponibilité de donner leurs vies pour leurs voisins, si nécessaire.

Á partir de ce moment là, je me suis rendu compte que j’ai découvert ce mode de vie  et j’en ai fait mon propre mode de vie.

   Francis.  

J’ai rencontré mon épouse quand j’étais à l’école de droit. Elle était la sœur de un de mes camarades de classe. Dans les longues conversations que nous avons eues, on a découvert les points communs de nos vies, c’est-à-dire un souci de justice sociale et les désirs de changer la société qui caractérisait quelques familles extrêmement riches, la masse, la grande majorité vivant dans la pauvreté et trop peu dans la classe moyenne. ; et ainsi, tout doucement elle a partagé la vie, à travers l’Évangile dans la vie quotidienne, et j’ai commencé à voir la sagesse et j’ai aussi embrassé ce mode de vie.

 

Lorque nous nous sommes mariés, nous appartenions à une Communauté qui appliquait ces valeurs de l’amour : c’est voir Jésus dans chaque personne que nous pouvons servir en mettant de côté nos propres désirs pour le bien des autres.

Entre nous, en essayant de nous rappeler mutuellement, et ce n’est pas toujours facile… dans un jeune couple on aspire aussi au succès, au bien être matériel et à un bel avenir pour nos enfants. Mais, parce que nous étions constamment confrontés avec les besoins des personnes autour de nous, des collègues, des parents, le personnel de la maison, tous ceux qu’on voyait comme les membres de la grande famille de Dieu, nous avons tempéré nos propres désirs d’enrichissement, comme le monde le faisait autour de nous.. Au contraire, nous voyions des occasions d’utiliser les ressources de notre éducation et que notre famille pouvait nous donner pour poursuivre un plus grand bien commun.

Ainsi  le père de (Térésa)  nous a demandé de l’aider dans les entreprises qu’il avait établi dans les zones rurales parce que tous les frères et sœurs de mon épouse avaient quitté le pays. J’ai donc quitté mon travail de juriste que je venais de commencer et ensemble avec notre fille, nous sommes partis dans la compagne pour gérer une ferme et la banque rurale établie par mon beau père. Et là, nous avons vu une occasion de mettre en pratique notre idéal, en traitant les ouvriers de la ferme avec justice, leur donnant un bon salaire, au contraire des pratiques qui prévalent. Chacun d’eux, nous les voyions comme membre de la famille, nous travaillons avec eux, établissant des relations de fraternité de façon à contrer la culture de domination à laquelle ils étaient habitués.

 

Thérésa

 

La banque rurale que nous avons repris était, en fait, en grand péril après des années de négligence. Nous avons réunis les employés de façon à restaurer la confiance et la fierté de servir l’institution qui fournissait des biens à la communauté. Nous avons partager nos valeurs chrétiennes, de voir, en chacun de nos client un frère à aimer et à servir, au lieu de voir simplement un client dont on pouvait tirer de l’argent.

En raison et en plus que ce comportement produisait de bons résultats, progressivement la banque est devenue une communauté de personnes au service de la société…  au service de la population rurale.

Comme mon père souhaitait vendre la banque, alors que nous n’avions pas assez d’argent pour l’acheter, un autre partenaire de la banque a apprécié ce que nous essayions de faire, il a proposé de nous prêter l’argent de façon à ce que nous puissions acheter la bvanque plutôt que de l’acheter lui-même, et c’est juste une des nombreuses interventions divines dans notre vie de business, qui, non seulement nous a aidé à survivre à travers les difficultés, mais nous a permis de faire croître l’activité d’une façon qu’on ne pouvait même pas imaginer étant donnée notre connaissance limitée de la théorie du business.

Derrière chacune de nos actions il y avait le désir d’être juste, d’aider les autres, de grandir ensemble, croître ensemble avec nos employés, nos clients, et la société rurale d’une façon générale.

 

En 1991, Chiara Lubich, la fondatrice du mouvement des Focollari auquel nous appartenons, a lancé un défi à tous les entrepreneurs de voir les affaires comme un instruments pour le bien commun, pour servir le bien commun. Elle parlait d’un  nouveau cadre économique , un nouveau paradygme d’économie, l’économie de communion où les profits de l’entreprise étaient au service des pauvres en vue du développement d’une culture et de dons, et pour le réinvestissement de façon à assurer la stabilité et la continuité des affaires elles-mêmes. Plus que simplement la destinations des frofits, l’économie de communion offrait d’un façon particulière d’établir des relations à l’intérieur de l’entreprise elle-même, parmi les collaborateurs, les actionnaires, les membres du gouvernement qui nous contrîlaient et même nos compétiteurs.

A ce moment là, on avait juste remis la banque sur ses pieds, et on était satisfait par sa viabilité. Nos besoins étaient modestes et nos revenus étaient suffisants., mais en entendant le défi proposé par Chiara Lubisch, nous avons compris que ce n’était pas assez, d’être confortable dans notre petit monde. En développant le business, nous pouvions fournir plus de travail et apporter un service à un public plus large, créer plus de profit qui serait partagé avec les pauvres. Nous avons donc entrepris une extension, et nous avons établi huit nouvelles agences bancaires dans la provinde de Batangas. Dans cet effort nous étions aidé par un autre entrepreneur qui, comme réponse à ce défi qui avait été posé, avait créé une affaire de consultants pour aider les agents à se professionnaliser et à traiter les problèmes inhérants à un environnement de plus en plus compétitif.

Avec le soutien de sa firme nous nous sommes préparés et avons préparé une organisation à gagner le défi de la croissance d’une façon qui nous permettrait de ne pas perdre de vue notre vision de “servir” la communauté. Là encore c’était une expérience de travailler en unité avec une équipe ayant le même état d’esprit, qui, elle aussi, croyait dans le but de l’unité et travaillait pour le bien commun.

 Francis

 En son temps, donc, les ressources de la banque ont crû à travers le soutien continu de la population locale qui a bien compris la sincérité de notre service, et avec l’aide des managers et des employés qui ont travaillé dur, et qui ont senti que l’entreprise était vraiment “leur” entreprise et un coin d’histoire de leur famille On regardait constamment la façon de partager les bénéfices avec tous les collaborateurs, les employés, en leur donnant des salaires un peu plus élevés et en leur donnant des assurances de santé, des assurances vie, en proposant des partages de profit et même des “stockhauschen ” pour concrétiser notre désir que chacun de nous sente qu’il ait vraiment part de l’entreprise.

Nous avons fait l’effort de donner des services personnalisés à nos clients, même au point d’apprendre à un client illettré comment ouvrir un compte en banque, de façon à l’aider dans son petit business. Ou alors un petit éleveur, à travers une étude de visibilité pour comprendre comment il pouvait emprunter un petit peu d’argent pour accroître son capital, pour faire grandir son capital.

Nous avons participé, en tant qu’institution à des collectes de fonds pour aider les régions qui ont été frappées par des désastres naturels, des inondations qui ont détruit des maisons, et même dans des provinces différentes de notre province, et notre zone d’opération. 

Á travers tout cela nous avons essayé de partager la culture du don. En fait, par exemple, que d’autres pouvaient aussi agir de la même façon… que les actions en faveur des pauvres n’ont pas besoin  d’être uniques de quelques personnes, au contraire, n’importe qui, qui peut, devrait partager ce genre d’effort, de façon à ce que un plus grand bien puisse être servi ; et nous avons pu découvrir que beaucoup de ces activités que nous proposions, nous étions vraiment heureux d’être partis de cet effort pour aider les autres.

 En 1997, la crise financière qui a frappé l’Asie a conduit à ce que de nombreuses activités, grands et petits ont été affectées, des faillites ont causé beaucoup de dégats dans les institutions bancaires et nous avons eu à faire face à de nombreux problèmes, des faillites, des manques d’intérêt de faire grandir nos activités. Heureusement nous avons été capables de survivre aux conditions difficiles, mais nous avions encore de nombreux problèmes dûs à un marché qui est devenu très limité parce que les critères de crédit devenaient de plus en plus stricts, et c’est pendant cette période que nous avons entendu parlé des « micro-financements », c’est-à-dire : prêter aux pauvres sans caution, sans garantie.

Á cette époque, il semblait absurde pour une banque de prendre un tel risque qui existait uniquement dans les organisations non-gouvernementales, qui ; e ::es, avaient la mission d’aider les plus pauvres. Nous pensions que, étant donnée la situation où la gestion du risque était une question à tel point cruciale, est-ce  qu’on pouvait vraiment nous embarquer dans un tel projet avec de telles applications radicales. Cependant nous étions confrontés avec la réalisations que, on n’avait pas encore vraiment servi ceux qui avaient le plus besoin dans la société, alors que nous excluons les plus pauvres de l’accès au crédit, simplement parce qu’ils n’avaient pas de caution, pas de garantie. Il était temps de faire une étape encore plus audacieuse.

 Theresa

 Nous avons entrepris les prêts à des groupes et plus tard, les programmes de micro-crédits individuels

Les premiers recouvrent l’organisation de groupes de femmes dans les petits villages pour les former à la discipline du crédit et à la solidarité de groupe, également la bonne façon de gérer leurs affaires et l’art de l’épargne.

Epargner même quand ils pensaient qu’ils n’avaient jamais assez d’argent pour les choses les plus élémentaires de la vie quotidienne. Finalement, ils ont découvert qu’ils pouvaient épargner, petites quantités par petites quantités, mais au fil des années, un an, deux ans, trois ans les sommes devenaient significatives et constituaient pour eux un vrai support pour gérer les urgences, gérer l’éducation de leurs enfant etc…

 

Pour de petits prêts, moins que 50 dollars, ils étaient capables de développer leur micro-business, tels que “faire des sucreries”, “faire des petits cadeaux” ou exploiter une petite boutique de quartier, ou vendre des légumes ou des poissons au marché : des entreprises qui faisaient suffisamment d’argent pour leur permettre d’envoyer leurs enfants à l’école, améliorer leur maison, faire face aux besoins médicaux. Il y avait une réunion hebdomadaire qui était organisée de façon à leur apprendre les choses les plus importantes, les valeurs les plus importantes ; les femmes expérimentaient la joie d’appartenir à un groupe, de passer une heure avec d’autres femmes qui se battaient, comme elles,  pour gagner décemment leur vie.

Pour épargner, non seulement individuellement mais aussi pour créer un fond commun qu’ils pouvaient utiliser pour visiter des endroits qu’ils ne connaissaient pas, avoir des lieux d’apprentissage et servir comme un lien de fraternité. Progressivement ils ont découvert leur capacité à se lancer dans d’autres activités, ensemble, tels que : créer un magasin   ou investir dans des chaises et des tables pour louer pour des mariages dans le village. Et ainsi, voir  les ressources du groupe grandir et ainsi certains étaient capables de construire un local central ou contribuer à aider le gouvernement local qui construisait ou qui réparait un centre médical.

 

Même les relations au sein de la famille évoluaient, car les femmes se sont vues accorder plus de respect de la part de leur mari qui leur rappelaient et qui les encourageaient à aller à leur réunion hebdomadaire. Les familles ont découvert que le fait de travailler ensemble avec un petit capital peut leur apporter un supplément de revenu et ils ont pu ressentir le progrés dans leur vie quotidienne.

Les micro-entrepreneurs individuels étaient également pris en compte ; certains d’eux ont eu tellement de succès qu’ils ont pu finalement embaucher des employés ou donner du business à d’autres clients au sein du groupe de solidarité.

 

Maintenant nous avons donné plus de trois millions de dollars en petits prêts, à plusieurs milliers de micro-entrepreneurs dans plusieurs régions de Batangas.

Pour nous, cela veut dire aussi : donner plus de travail, à plus de 50 personnes en plus qui ont été embauchées comme agents de crédit, qui allaient dans les villages pour organiser les femmes, chercher les occasions de micro-entrepreneurs individuels pour les former de façon à ce qu’ils puissent ensuite faire appel à la banque. Comme le programme s’est développé ainsi que le nombre de clents, aussi le nombre d’agents de crédit devait aussi grandir de façon à satisfaire ces besoins, nous avons créé un troisième étage dans notre bureau pour accueillir tout ce personnel supplémentaire qui était nécessaire pour soutenir le programme.

Aujourd’hui nous avons confirmé que le micro-crédit est non seulement viable, mais en plus c’est le vrai instrument pour le développement de ceux qui ont le plus besoin de crédit.

En plus les pauvres avec qui nous partageons les profits de la banque comme une entreprise de l’économie de communion, nous pouvons, comme une institution financière rurale, servir les besoins des pauvres au sein de la communauté, directement en leur apportant la banque  à la porte de leur maison et en leur donnant la possibilité de franchir cette frontière et ainsi entrer dans le monde de la banque ;  découvrir ainsi des horizons qu’ils n’avaient jamais explorés : apprendre ensemble ; construire ensemble ; la réalité que nous sommes tous frères et sœurs d’un même Père.

 

Ce n’est pas un choix aisé à faire, de réorienter nos services de plus en plus en faveur de la population la moins favorisée. Nous avions encore quelques clients d’avant, du monde d’avant. Il y avait des moments où on devait se rendre compte de la réalité ; qu’il était bien plus facile de nous occuper d’un gros compte, comparé à nous occuper de 5000 petits comptes qui avaient finalement le même montant globalement. Un agent de crédit qui s’occupe d’un prêt de 30 millions de pesos soit ½ million d’Euros, alors que 25 agents de crédit s’occupaient de 3000 clients pour un montant global équivalent.

En raison de la stricte discipline de crédit qui était appliquée, nous avons crû un petit peu moins vite que les autres collègues dans le même type d’activité mais nous avons tout de même expérimenté une croissance extraordinaire, en raison notamment des prêts que nous avons pu donner aux professeurs, avec une déduction automatique de salaire qui était garantie par le département de l’éducation.

 

Comme nous travaillions dans cette direction, nous avons vu que c’était possible, seulement si nous acceptions d’entrer dans un système de corruption à l’institut nationnalisé en donnant un pourcentage de l’argent que nous pouvions récolter à quelques-uns des fonctionnaires du gouvernement à travers laquelle la déduction de salaire allait se faire et, au lieu d’éduquer les emprunteurs, le système avait mis un grand nombre de client en situation de sur-endettement dont ils ne pouvaient plus sortir.

Par contraste, les clients du “micro-crédit” ont la possibilité, non seulement de s’investir dans une activité qui va générer des revenus mais, également apprendre ce que cela signifie d’épargner, leur donner ainsi l’espoir qu’un jour, ils seront capables de gérer leurs affaires sans être aidés par d’autres personnes. Un jour, ils pourront entrer dans la banaque comme un entrepreneur individuel qui a déjà établi sa crédibilité et sa capacité à gérer des crédits sans la garantie de solidarité d’un groupe.

Ainsi il est clair que nous avons fait un changement dans notre opération vers la direction des micro-finences, investissant de plus en plus dans les ressources humaines, développant des produits adaptés au plus grand nombre qui sont les pauvres : des techniques qui permettent de traiter de façon efficace des milliers de transactions et même des bureaux supplémentaires et des branches supplémentaires pour améliorer notre capacité de toucher les gens et tout cela, tout en restant financièrement stable et viable et profitable de façon à pouvoir nous maintenair en tant qu’entreprise.

 

Francis

 

Progressivement nous avons commencé à réaliser notre rêve de changer un certain nombre de structures pour qu’elles soient plus en cohérence avec l’idéal d’unité sans avoir à se rabattre sur la violence.. Le combat que nous avions commencé dans nos années estudiantines, en fait, a bien montré qu’il fallait d’abord nous changer, nous mêmes, radicalement avant d’être capables de travailler pour changer la société.

Au fil des années, dans notre vie nous avons redécouvert que l’Evangile vécu est vraiment la révolution sociale la plus puissante que l’on puit imaginer, mais c’est également la plus simple, la plus facile à comprendre et à vivre.. Tout ce que ça demande c’est de voir chaque personne, près de nous, à côté de nous, comme un frère.

 

Avant de conclure je vais partager avec vous une autre expérience : comment les circonstances nous ont conduit de façon significative dans nos vies, si nous sommes capables de nous ouvrir à l’idée d’être au service des autres.

 

Il y a quatre ans, alors que nous étions en vacances de 5 jours dans une des îles de notre pays bien connue pour sa beauté, ses rives de corail, nous étions enlevés, kidnappés par des fondamentalistes islamiques, avec 18 autres personnes..

Nous étions terrorisés, bien sûr ! et dans les jours qui ont suivi, parce que nous avons essayé de voir nos kidnappeurs et nos collègues-otages, comme des frères à aimer, nous avons peu à peu perdu cette peur et nous avons essayé de comprendre les aspirations et les motivations de nos kidnappeurs.

Au fil des trois semaines qui ont suivi, nous avons expérimenté, marché 6 à 8 heures par jour dans les montagnes de (Basilen)  une base musulmane dans le sud des philippines. Le groupe qui nous avait kidnappés était le groupe le plus fondamentaliste …    avec qui le gouvernement refusait de négocier. En fait, la moitié du temps nous courrions, même nous devions fuir les balles de nos propres forces militaires qui poursuivaient le groupe. Cependant, par la grâce de Dieu et à travers les prières de millions de nos frères de communauté et des hommes et des femmes de bonne volonté, nos voisins, nos collègues, nous avons été relâchés sans dommage et nous avons pu retourner dans notre famille. Alors les personnes nous ont demandé si nous avions expérimenté un traumatisme, nous avons dit : au contraire, nos yeux ont été ouverts à la souffrance de nos frères musulmans dans le sud. On se rendait compte que nous étions bien loin de là où tous les conflits étaient puissants depuis plus de trente ans ; nous avons compris cependant que nous étions un pays, un peuple, une famille.

 

Donc, après notre retour dans nos vies et dans nos familles,  nous nous sommes demandé comment nous pourrions aider nos frères musulmans dans le sud. Rapidement après, une occasion s’est présentée de contacter deux leaders de coopérative musulmane et nous leur avons proposé pour les entraîner avec nos agents de crédit de la banque, dans les techniques de micro-finandement, convaincus que nous devions les aider dans le développement économique de la région de Mindanao.

En raison de cette ouverture initiale, on nous a demandé d’accueillir le conseil d’administration de trois banques rurales qui fonctionnaient qand les régions musulmanes des Philippines, pour partager notre expérience d’exploiter une banque, de gouverner des crédits, de gérer des crédits et d’assurer le contrôle interne. Cette fois-ci, la formation avait pour but de renforcer le système de financement rural dans cette région.

Cette direction a aidé nos propres collègues à ouvrir leurs yeux et leur cœur aux épreuves de nos frères musulmans, au contraire d’en avoir peur et de les haïr pour ce qui nous était arrivé.

Ainsi nous avons trouvé une ouverture et une gratitude dans les participants…parce que nous ayons pu ouvrir nos portes, nos pratiques professionnelles

 

Revenons à notre thème initial : est-il possible de travailler pour le bien commun : oui !

oui, si nous voypons chaque personne qui vient comme un frère, … plus que ça : comme un autre Jésus à aimer.

Si nous aimons, si nous vivons chaque instant unis avec d’autres dans une conviction similaire, ouverts au plan de Quelqu’un de supérieur de façon que nous puissions faire plus de bien, même sans le savoir, c’est possible si nous le voulons.

Priez pour ça.

Nous sommes prêts à mourir pour ça, non pas en raison des mérites de notre part, mais c’est tout le travail de Dieu qui travaille avec tous ceux qui veulent bien être un instrument de son amour pour l’humanité. De plus, s’il y a plus de deux ou trois qui travaillons, alors il y a la possibilité de travailler pour des changements sociaux, pas seulement en nous basant sur nos propres efforts et notre bonne volonté mais aussi en croyant à l’intervention de Celui qui est au milieu de nous, tel que c’est promis dans lo’Évangile.

L’intervention divine et la providence a été tellement importante dans notre vie quotidienne, même en tant que chef d’entreprise : c’est ce soutien imprévu de la part d’un client, l’issue inattendue d’une situation difficile, ce qui paraît être un événement de chance, mais, en fait, ce n’est pas de la chance.

Je vous invite à cette vision pour un monde meilleur où l’on peut vraiment être des enfants d’un Père ! C’est une aventure qui est bien plus exitante que tout ce qu’on peut imaginer, un vrai défi mais tellement satisfaisant.

Á cette occasion nous sommes très heureux de nous trouver  auprès de personnes qui pensent comme nous. Il y en a beaucoup d’autres qui veulent faire quelque chose, quelque chose de plus dans leur vie, : alors, travaillez pour le bien commun.

 

Merci pour cette occasion d’être avec vous aujourd’hui.

 

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